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S. François de Sales, à un Religieux.
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Mon Révérend Père ^ Tafiaire des Dames de la Msitadon à Rome consiste en ce poinct : qu'il playse à Sa Saincteté leur permettre de n'estre point obligées à dire le grand office , pour les raysons suivantes :
Premièrement, il n'y a nation au monde où les femmes prononcent si mal le latin qu'en celle de France, et notamment icy; et seroit presque impossible de faire bien apprendre la prononciation de tout le grand office, là où il seroit bien aysé de la leur apprendre pour le petit office de Nostre-Dame, comme elles le prononcent en effect fort bien dés à présent.
Secondement, en ceste Congrégation on désire recevoir les filles de petite complexion, et lesquelles, faute de forces corporelles, ne* peuvent estre receues es religions plus austères. Or, celles qui sont obligées au grand office , si elles le veulent dire distinctement et posément, ne le peuvent faire sans effort; et si elles le veulent dire viste et couramment, elles se rendent ridicules et indevotes. C'est pourquoy il est plus convenable que celles-cy, qui, faute de forces corporelles, ne le pourroient pas dire posément, ne disent que le petit office.
Troisiesmement , il y a exemple à Paris, où les sœurs de Saincte-Ursule , religieuses des trois vœux solemnels, ne disent que le petit office.
Quatriesmement, les sœurs de la Visitation font plusieurs exercices spirituels qu'elles ne pourroient pas faire en disant le grand office.
Je pensois vous marquer les autres poincts; mais je me ressouviens que le Père Procureur général les a bien au long. Il faut que je vous die que les Règles dont on demande l'approbation sont toutes conformes à la Règle de sainct Augustin, hormis en la clausure absolue, que sainct Augustin n'avoit point establie, à laquelle neantmoins les sœurs se veulent astreindre, selon le sacré Con-
LE FONDATEUR d' ORDRE. 485
cile de Trente. Peut-estre que le Sainct-Siege commettra quelqu'un de deçà, quelques prélats de religion et autres théologiens, pour les revoir, corriger et appreuver.
Je ne voy pas qu'il soit besoin de vous advertir d'autre chose sur ce subjet, sinon que, quant au monastère de ceste ville, attendu que Teglise d'iceluy est consacrée sous le tiltre de la Visitation de Nostre-Dame et du glorieux sainct Joseph, il seroit désirable que l'on obtinst indulgence pleniere pour ce jourlà et pour les jours des tiltres des autres maysons et monastères de ceste Congrégation, oultre Tindulgence du jour de la Visitation, qui est le tiltre gênerai de la Congrégation.
Monseigneur de Lyon est là, auquel s'il plaist de favoriser l'affaire, il peut infiniment en cela. Or, je croy qu'il luy playra, puisqu'il a en sa ville métropolitaine une mayson de la Visitation , où Dieu est grandement honnoré.
Mais , mon Révérend Père , il faut traitter toutes choses doucement et avec circonspection; ce que je dy, parce que quelques ecclésiastiques austères et exacts eu leurs personnes ont rendu quelques signes qu'ils n'estoient pas" satisfaits de quoy en ceste Congrégation il y avoit si peu d'austérité et de rigueur de peynes; mais il faut tousjours regarder à la fin, qui est de pouvoir recueillir les filles et femmes débiles, soit en aage, soit en complexion.
Je désire encore obtenir une lettre de la Congrégation des evesques à moy et au clergé de ce diocèse , par laquelle il me soit enjoinct d'ériger un séminaire de ceux qui prétendent à Testât ecclésiastique, où ils puissent se civiliser es cérémonies, à catéchiser et exhorter, à chanter, et autres telles vertus cléricales; car, quant aux petits enfans, nous en avons de reste qui veulent estre ecclésiastiques, et qui n'estudient pour autre fin.
Or, je désire que le clergé ayt part à la lettre, affin qu'ion puisse imposer pour cela quelque petite cotisation sur les bénéfices. Le Concile de Trentre suffiroit; mais pour le faire valoir plus efficacement , la susdite lettre seroit requise. Je suis vostre, etc.