‹ Œuvres complètes de Saint-François de Sales (volume 3)Chapitre 143 sur 185 · François de Sales, à if. de Saine te-Catherine (l · texte numérisé non relu

François de Sales, à if. de Saine te-Catherine (l

Monsieur, mais je vous remercie infiniment de la douceur avec laquelle vous recevez mes intentions, qui en vérité ne sont que sincères , et de servir nostre commun maistre. Mais c'est trop dit entre nous , qui à mon advis nous cognoissons trop bien l'un l'autre, pour avoir ny d'excuses ny de parolles en telles occurrences. J' ay receu la lettre de Monseigr. le cardinal Borghesio, et on ne touche nullement au procez depuis vostre despart. Monseigneur le Nonce me commanda de luy dire au vray Testât présent du monastère de Talloyre, ce que j'ay fait tant qu'il ma esté possible. C'est maintenant à la Providence de Dieu de decretter, et à nous d'attendre en paix et révérence ce qu'il luy playra de faire réussir, avec résignation de nostre volonté en la sienne tres-saincte. J'escris pour l'affaire de GoufGer une lettre au cardinal Bellarmin, une autre au cardinal Lauto, qui sont deux colomnes de mes espérances pour toutes les aETaires de deçà, et la 3* à la congrégation de Vesain. Celle du grand card. Bellarmin est fort ample, et peut estre trop, vous pourrez s'il vous plaist en extraire un mémorial pour présenter au cardinal Lauto et à la congrégation. Que si Dieu gratifie ceste bonne ame, je pense qu'il sera à propos de faire commettre ou Monseigneur de Maurienne ou M. l'abbé d'Abondance, ou moy. Disjwictim, ita ut uno non procedente aliiis procédât. Par le premier, Dieu aydant, je vous escriray pour la Visitation des églises des Apostres et vous envoyeray Testât de ceste église. A Thonon Ton est appayséet on n'a plus de mal qu'à Cernons. Nous avons receu les indulgences cum snmmo applausu, et ces bonnes dames vous en sont infiniment obligées, ainsi que nous vous dirons à vostre retour. Puisque vous me parlez du P. Monet, je vous prie de le saluer de ma part et par son entremise le P. Richeome, et vous supplyant de ne pas perdre courage en l'affaire de Gouffier, je demeure de tout mon cœur, Monsieur, vostre

(1) Cette lettre a été éditée pour la première fois par M. Bonnelty, Ann. phil, chrét,, 1854 ; elle est du 27 janvier 1614.

LE FONDATEUR d' ORDRE. 529

plus humble et tres-affectionné confrère. — François, evesque de Genève.

Il faudra donq bien observer ces trois poincts. Le 1®' de faire que l'on commette in istis partibus (1). Atteso ehèquesta sig*"* (vi è, e si retruova cento leghe lontana del Paracleto) di debole complessione, e chè nel Paracleto si fece li primo sfor^o, e si farebbe por il seconde, la Seg"** abbadessa essendo (2). Le 2° c'est que il faut que la d'® de Gouffier soit deslivrée de l'obligation de sa profession , affîn que , selon son désir, elle puisse estrè receue en congrégation de la Visitation, laquelle, bien que ce ne soit pas une religion formelle, est néanmoins une mayson de fort bonne discipline et propre pour ceste personne, puisqu'elle est d'ailleurs de si petite complexion qu'elle ne pourroit porter Tausterité ny de saincte Claire, ny des Carmélites, ny d'autres religions formelles, esqueJles ont fait des grandes veillées, des grandes abstinences et autres mortifications et aspretez corporelles qui requièrent une entière santé. Le 3® : il faut bien honnestement remonstrer qu'au Paraclet ces dames ont toutes leurs maysons à part, et madame l'abbesse aussi, avec des trains d'hommes et de femmes, sans règle, sans clausure, sans méthode ny discipline quelconque. Le reste se verra dans les lettres qu'à ceste intention je vous envoyé ouvertes. Mitte sapientem et volentem, et nihil dicas (3). Tenez compte des ports; car tout sera remboursé. Dieu aydant. Encor qu'en la lettre de la congrégation je parle qu'il seroit plutost expédient de changer le vœu, neantmoins je sçay bien que cela ne se fait pas, mais c'est pour monstrer la nécessité de ceste ame, à laquelle il seroit expédient de plus tost changer le vœu que de la laisser sans remède. Vous mesnagerez le tout, car j'ay escrit à la haste et à cause du passage du courrier, et en langage que je ne possède pas trop bien. Je ne sçay s'il seroit point expédient de faire voir mes lettres au Père Benedetto Justiniani. Vous (considérerez) le tout avec la grâce de Dieu , que je vous souhaitte de tout mon cœur. Amen,

(1) En ces contrées.

(2) Attendu que cette demoiselle est ici, c'est-à-dire à cent lieues du Paraclet, et de débile complexion; qu'au Paraclet elle a subi la première violence et que là elle en subirait une seconde , car Tabbesse est très-puissante.

(3) Envoyez un homme sage et décile, et silence.

VU. 3i

Sur la marge :

Pour M. de Syrvinges, qui pourroit obtenir une licence qu'il demeurast extra monastcrium cela sufBroit; Monsieur l'Evesque de Mascon luy promet de l'assister de ses recommandations. Il y a une lettre de M. Tabbé d'Abondance au P. Benedetto Justiniani en faveur de Taffaire de Gouffier. Mais il faudra, s'il vous plaist, rinstruire et l'employer es occurrences. C'est un Père fort courtoys et qui, comme je pense, pourra beaucoup.

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