VII. a
n*ont jamais peu retirer uo seul liard depuis quatre ans en çà, quelle sollicitation qu'eux et moy en ayons sçeu faire, et quelle remonstrance que nous ayons proposée de Textreme nécessité que ces paroisses ont d'estre assistées. C'est pourquoy^ Monseigneur, je suis forcé de recourir derechef à l'équité et bonté de V, A., affin qu'il luy playse d'user de sa providence en ceste occasion et d'ordonner ces payemens, en sorte que meshuy ces pauvres ecclésiastiques puissent en paix faire le service de Dieu en leurs églises; et ceste divine Majesté en bénira de plus en plus Vostre Altesse, — Monseigneur, tres-humble, tres-obeyssant et tres-fidelle orateur et serviteur. — François, evesque de Genève.
S. François de Sales, au père Léonard Lessius , de la Compaignie de Jésus,
Le Salnct lay fait de gramld éloges de ses ouTragen et de !«a doctrine.
Mon tres-reverend Père en Nostre- Seigneur, le docteur Gabriel, que je chéris tres-particulierement, m'a rendu la lettre que Vostre Paternité m'a fait l'honneur de m'escrire, et dont j'ay eu une joye tres-sensible. Ce n'est pas d'aujourd'huy que j'ay de l'amitié et mesme de la vénération pour vous et pour vostre nom, mon cher Père; non-seulement par ceste rayson générale, que j'ay coustume de faire grand cas de tout ce qui vient de vostre Compaignie, mais encore pour avoir ouy dire de Vostre Révérence en particulier plusieurs belles choses dont j'ay esté tesmoin dans la suitte, et que je n'ay pu m'empescher d'admirer.
. Car il y a quelques années que j'ay veu cest ouvrage si utile : De la Justice et du Droict, où, sans
ÂnnesAi . à$ aousi 1618.
Admodum, Révérende in Chris to Pater, attulit mihi Paternitatis vestrae litteras dilectissimus nobis magister Gabriel, quœ ut perhonorificae, ita et jucundissimee mihi fuerunt. Amabam jampridem, imô etiam venerabar te nomenque tuum, rai pater, non solùm quia soleo quidquid ex vestrâ illà societate procedit, magni facere, sed etiam quia sigillatim de Vestrâ Reverentià multa audivi prseclara primùm, deindè vidi, inspexi et suspexi.
Vidi namque, ante aliquot annos, opus illud utilissimum : De Justitiâ et Jure,
in quo et breviter simul et luculenter, difûcultates illius partis theologiae, prse caeteris autoribus quos viderim, egregiè solvis.
Vidi posteà Consilium quod à magni consilii Angelo per te mortalibus datum est, de verâ Religione eligendâ.
Ac demùm obiter ia bibliothecâ coUegii Lugdunensis Tractatum de Prœdestinatione; et quamvis non nisi sparsim, ut fît, oculos in eum injicere contigerit, cognovi tamen, Pater aitatem vestram sententiara iilam, antiquitate, suavitate, ac Scripturarum nativâ aucthoritate nobilissimam de prœdestinatione ad gloriam post prsevisa opéra, amplecti et tueri; quod mihi gratissiraum fuit, qui nimirùm eam semper, ut Dei misericordiae tam ac gratise magis consentaneam , veriorem ac amabiliorem existimavi ; quod etiam tantisper in libello de Amore Dei indicavi.
Cùm igiturita erga Paternitatis vestrae mérita, quam dudùm iaudaverant apud me opéra ejus , affectus essem , miriQcè profectô gavisus
(i) Liv. Il, c. xi; et liv. X, c. vu.
trop VOUS es tendre, vous respondez parfaictement, et mieux qu'aucun autheur que j'aye encore veu, • aux difficultez que renferme ceste partie de la théologie.
Ensuitte j'ay leu le Conseil sur le choix de la véritable Religion, que TAnge du grand conseil a donné aux hommes par vous.
Enfin, j'ay veu dans la bibliothèque du collège de Lyon vostre Traitté de la Prédestination : il est vray que je n'ay fait que le parcourir à la haste, et assez légèrement, comme il arrive quelquesfois; cependant je n ay pas laissé de remarquer que Vostre Paternité estoit de ceste opinion si ancienne, si consolante, et si authorisée par le tesmoignage mesme des Escritures prinses dans leur sens naturel, sçavoir, que Dieu prédestine les hommes à la gloire en conséquence de leurs mérites preveus; ce qui a esté pour moy le subjet d'une grande joye, ayant tousjours regardé ceste doctrine comme la plus conforme à la miséricorde de Dieu et à sa grâce, comme la plus approchante de la vérité, et comme la plus propre à nous portera aymer Dieu, ainsi que je Tay insinué dans mon petit livre de l'Amour de Dieu (1).
Prévenu donc de la sorte en faveur de Vostre Paternité, dont les ouvrages m'avoient depuis longtems fait cognoistre le mérite, je vous advoue que j'ay eu une joye
toute particulière d'apprendre que vous avez pour moy une amitié réciproque : pour m'en asseurer la continuation, comptez que j'auray toutes sortes d'esgards à la recommandation que vous me faites du docteur Gabriel, et que, tant qu'il sera en mon pouvoir, je feray avec empressement ce que je jugeray capable de vous plaire.
Cependant je souhaitte à Vostre Paternité une santé parfaitte, et je prie Dieu qu'il vous conserve jusqu'à une extrême vieillesse y et que, sans vous abandonner jamais, il respande abondamment sur vous les bénédictions du ciel.
De vostre paternité l'humble et l'affectionné frère et serviteur en Jesus-Christ, etc.
sum , me tibi vicissim utcumque etiam carum esse :
quod ut semper contingat, et dictum magistrum Gabrielem commandatissimum habebo; et si quid unquam potero quod tibi placere cognoscam, id exequar quàm impensissimè.
Valeat intérim Reverenda Patemitas tua, et te Deus usque in senectam et senium ntinquam derelinquaty sed canos tuos benedictionibus cœlestibus omet et compleat. Admodum Reverendœ Paternitatis vestr»
humillimus et addictissimus f rater et servus in Christo.
CGC.
A S. A. Charles-Emmanuel I^, duc de Savoye.
s. Françoiâ recommande à S. A. les paarres gens de la yallée d'Anx.
Amiessy. 30 aoost 1618.
Monseigneur, ces pauvres gens de la val d'Aux, comme esperdus d'une ruyne présente qui les accable, n'ont sceu où se jetter à refuge qu'aux pieds de V. A. , et certes je ne vois nullement qu'une main moins forte et une providence moins paternelle que la vostre , Monseigneur, les puisse garantir. Gar je pense qu'ils n'ont à se plaindre principalement que de leur malheur, contre lequel rien ne peut leur donner allégement que le bon-heur d'estre regardez en pityé de V. A., à laquelle Dieu, qui void leur extrême misère, inspirera, comme ils espèrent, quelque moyen favorable pour les retirer de ce gouffre. G'est ce en quoy j'implore avec eux la grâce de V. A., à laquelle faysant tres-humblement la révérence et souhaittant le comble de toute saincte prospérité, je demeure. Monseigneur, tres-humble, tresobeyssant et tres-fidelle orateur et serviteur. — François, evesque de Genève.
l'evesque. 117
ceci.
S. François de Sales, à M. de Frotbarain, conseiller au Parlement de Bourgogne,
Le Sainct luy recommande le Chapitre de sa cathédrale , dans une affaire qu'il avoit
avec les habitans de Sessel.
Annessy, 3 septembre 4618.
Monsieur, j'ay un Chapitre autant bien qualifié qu'il se peut dire; c'est pourquoy, oultre le devoir que j'ay au service de Dieu et de l'Eglise, j'en ay un bien particulier à mes Chanoines, qui, par un assez rare exemple, ne sont qu'un cœur et qu'une ame avec moy au soing de ce diocèse.
Pour cela, Monsieur, j'implore avec eux vostre justice et pieté, pour la conservation de leur droict en l'affaire qu'ils ont avec messieurs les Syndic et habitans de Sessel , lesquels, si je ne suis grandement trompé , ont bon besoin d'estre rangez et remis en devoir, tant envers les ecclésiastiques qu'envers les magistrats.
Mais de cela, Monsieur, vous en discernerez et jugerez, tandis que priant Dieu qu'il vous fasse de plus en plus abonder en sa grâce, je veux être à jamais de tout mon cœur, vostre, etc.