CCCII
s. François de Sales à M. G. (2).
Annissi, 16 octobre 1618.
Monsieur, Tessay que je fis de vostre courtoysie il y a 20 ans que je fus à Rome; le récit que m'en fict Monsieur le chanoyne Desplans, la considération de l'honneur où vos mérites vous portent m'obhgent à vous offrir mon service, quoy qu'inutilement, puisque estant si peu de chose comme je suis, je ne me puis pas promettre le pouvoir de vous en rendre. Et bien que ceste mesme considération me deust retenir de vous importuner, si est-ce qu'en l'occasion que ledit S"" Desplans vous (requist?) pour le secours des chanoynes de mon église, je ne laisserois pas de vous supplier de nous estre favorable à tous, affin que les uns soyent
(1) Cette lettre est restée jusqu'alors inédile : l'autographe appartenait à feu M. Tabbé Trancart, de Bar-le-Duc, chanoine honoraire de Nancy et Toul.
(2) La suscription est illisible.
aydez et moy consolé de les voir un peu assistez et délivrez de pauvreté, vous asseurant, Monsieur, que vous obligerez force gens d'honneur et qui ont affection de marcher de bien en mieux au service dç Dieu; et en mon particulier j'en demeureray à jamais. Monsieur, vostre très humble et très affectueux serviteur. — Franc', e. de Genève.
A Sa Grandeur Monseigneur le Cardinal Frédéric Borromeo,
archevesque de Milan.
s. François envoyé à S. G. un discours sur le cardinal Du Perron.
Illustrissime , Re verendis sime et tres-honnoré Seigneur,
Ces honnorables Pères visiteurs des Barnabites ont trouvé en moy un très-profond souvenir des faveurs receues de V. S.
111. et Rev. Ils m'ont apprins que V. S. possède nostre langue françoise. Je luy envoyé donc avec humilité ce discours ou harangue de Du Perron, demonstrée belle, si je ne me trompe, par la vivacité du génie qui la caractérise. Si, lorsque je seray à Paris , où je vay accompaigner le Prince-Cardinal de Savoye, je treuve quelqu'orayson funèbre (1) prononcée à l'occasion de la mort dudit cardinal Du Perron, je ne manqueray pas de l'addresser à V. S.
m., ne doublant pas qu'elle n'attache du prix à cognoistre la mort si heureuse et si pleine
Annessy, 16 octobre 1618.