‹ Œuvres complètes de Saint-François de Sales (volume 3)Chapitre 45 sur 185 · François de Sales, à un Supérieur d'une communauté · texte numérisé non relu

François de Sales, à un Supérieur d'une communauté

Kesponse à un abbé ou supérieur de quelque communauté , qui avolt prié le Sainct de faire publier dans son diocèse des indulgences qu'il disoit avoir obtenues pour ceux qui assisteroient sa mayson dans le besoin, et qui ne Justifioit point de la concession desditos indulgences. Le Sainct s'excuse de les publier Jusqu'à ce qu'il ayt vu les bulles en bonne forme.

AccEPiMUSlitteras nomine Dominationis vestrae nobis datas, quibus poslulabatur ut eleemosynas fidelium in nostrâ diœcesi colligere , indulgentias publicare , et confraternitati domûs vestrae utriusque sexûs catholicos adscribere procuratori vestro liceret.

Nos, pro domûs vestrae famâ, et longé latèque diffuso splendore, litteras quidem amanterscriptas, amantissimè vidimus et perspeximus, neque sine magna quâdam animi propensione id prsBstandi quod petebatur.

Verùm , cùm ad rem ventum est, ubi ab eo qui litteras eas attulit postulatum est ut facultatis rerum do-

Monsieur, nous avons receu la lettre qu'on nous a apportée de la part de Vostre Seigneurie, par laquelle il nous paroist que vous demandez qu'il soit permis à vostre procureur de recueillir des aumosnes des fidelles dans nostre diocèse, de publier des indulgences, et d'enrooler dans la confrérie de vostre mayson des catholiques de l'un et de l'autre sexe.

Quant à nous, pour l'amour de vostre communauté, et à cause de la bonne odeur qu'elle respand de toutes parts, nous avons receu de tres-bon cœur, et leu avec grand playsir, ceste lettre pleine d'affection, et nous nous sommes sentis portez à faire ce qu'elle requeroit de nous.

Cependant, quand on est venu à l'exécution, et que l'on a demandé àceluy qui s'est dit chargé de vos depesches, un tiltre authen-

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tique de sa intsâion, une bulle, un bref ou un rescril de concession des iodulgences , il a respondu qu'il n'estoil point muny de ces pièces. Op, il est deBendu expressément par le droict canon, al par un décret du Concile de Trente, à toutes personnes, de publier des indulgences, principalement celles qui sont joinctes à la requeste des aumosnes, sans avoir préalablement veu un tesrnoignai^e iirerragable de la concession desdites indulgences.

La prudence meame, fondée Slip l'expérience journalière, nous dicte qu'il ne faut point adjouster foy au premier venu, qui dit avoir commission de recueillir des aumosnes pour les lieux consacrez par la pieté, ny les authoriser en aucune façon; c'est de quoy le Saincl-Siege oousaadveptis particulièrement depuis peu.

C'est pourquoy, jusqu'à ce que nous soyons mieux informez et asseurez de la commission du porteur de la lettre, et de la concession des indulgences en question, nous avons sursis leur publication et la queste des aurniisnes, à la reserve toutesfois et dans l'intention de satisfaire vos désirs, et de pretler !a main au aousiagement de vostre mayson, nassttost que les loyx de l'Eglise nous permettront de le faire.

Je m'asseure que Vostre Seigneurie, non-seulement ne sera

mils veslrœ gerendarum authenticum diploma , ac bullam , aut breve, vel rescriptum concessionis indulgentianim proferret, respondit se non habere. At verô maltùra , Révérende Domine, et jure canonico.

et decreto conciliiTridenlini cautum est, ne quis ad induigentiarum publicationem, earum maximo quie cum eleemosynarum collectione conjunctiie sunt, admitlatup, nisi fidem facial omni exceptione majorem, de illarum concessione,

Prudentia autem multis experi mentis comprobata docet, non cuilibet dicenti se nomine locorum piorum eleemosynas colligere debere credenduni esse , aut concedendum quod queerit :

quâ de re non ita pridem ipsamet Sancta Sedes nos peculiari curi monuit.

Quare, donec de potestate bomiois qui litteras attulit, et de concessione indulgentiarum nobis constet, àcollectione eleemosynarum et pubiicatione induigenliarum abstinendum decrevimus; parati tamen ex animo veslris adesse votis , domûsque veslrœ commodis, ubi per legum eccleaiaslicarum canones nobis licuerit.

Dominationem vestram , id non Epquo tantùm , sed

l'evesque. 195

etiam laeto et consentiente point faschée de la manière dont accepturam anirao credi- nous agissons, mais mesme qu'elle mus, nosque nihilominùs recevra avec playsir et de bon Deo optimo commendatu- cœur nostre response; et de plus, ram , quod et nos vicissim qu'elle ne refusera pas de se soufacimus. venir de nous dans ses prières,

ainsi que nous en usons envers elle.

J'ay l'honneur d'éstre, Monsieur, vostre, etc.

CCCLXXIX.

S. François de Sales, à un Prieur régulier.

Il Texhorte de corriger deux religieux scandaleux.

Je souhaitte tant le bien et le bon-heur de vostre monastère, que toutes les cognoissances des choses contraires m'esmeuvent et me donnent du ressentiment de zèle. J'ay sceu que les sieurs N, et N. donnent tant de mauvaise odeur de leur jeunesse, que la puanteur en est arrivée jusqu'au Sénat, lequel s'en veut remuer, si leur amendement ne le prévient.

C'est à la vérité une honte bien grande pour vous, si les laïcs prennent la cognoissance de la correction sur ceux du corps auquel on vous a donné pour chef : mais ce sera encore quelque sorte de reproche pour moy, qui vous y ay porté, si je ne surveille pas à vous assister; et sembleray estre coupable de tout ce qui s'y fera, avec vous, bien qu'en vérité ny vous ny moy ne puissions pas tout empescher.

Tout cela mis ensemble me fait vous prier et exhorter de vouloir apporter tout le seing et l'ordre que vous pourrez pour réduire ces jeunes gens sur le train de leur devoir, et de me donner ad vis de leur estât, affln que je puisse rendre tesmoignage de vostre diligence comme de la mienne, et contenter ma conscience , laquelle me pressera par après à prendre d'autres expediens, si vostre prudence, vigilance et justice, ne suffit pas à la résipiscence de ces discoles (1), desquels j'admire d'autant plus la dissolution , que leur naissance les devroit porter à la poursuitte des vertus et de la pieté conforme à leur vocation. L'aage

(1) Gens d'autre culte : ces deux religieux se conduisaient comme s'ils eussent été payens.

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les a peu couvrir jusqu'à presetil; mais la continuation les rend meshiiy inexcusables. Vous sçave?. comme et combien tendrement je vous ayme, et particulièrement; ce qui me fait croire que vous prendrez cest advertisseraent aussi doucement qu'avec très-grande affection je vous fay la remonstrance, pour le bien la mayson où Nostre Seigneur vous conserve, et laquelle il vueille rendre si pleine de sainctelé, que je sçay que vous le souhailtez avec moy, qui suis vostre , etc.

S. François de Sales, au Père Dom Pierre Saine l~ Bernard, prédicateur à Lyon.

Le SalDcl luj promet quBlqafla ûavr^efl de pieLji.

Certes, mon Révérend Père, je désire grandement de pouvoir tirer de la presse de mes inutiles occupations quelque petite besongne de dévotion, qui, en quelque sorte, corresponde aux I augures que vostre charité en fait; mais iî est tres-vray que je I n'ose nullement espérer cela pour maintenant. Ce que j'ay de Lplus prest, qui regarde la conduitte des ecclésiastiques de ce I diocèse, je le remettray. Dieu aydant, à ce porteur, non-seule- I ment parce qu'il est mon diocésain , et qu'il a desjà esté employé len semblable occasion, mais parce que aussi vous le voulez, tpuisque je suis de tout mou coeur, mon Révérend Père, ettresfasseurement, vostre, etc.

Mon Révérend Père, je vous escris tout à fait sans loysîr et presque sans haleine. Ce matin de la Pentecoste , presque toutes nos chaires sont occupées par les Révérends Pères Capucins, qui ont huict maysons, la plupart nouvellement fondées; et si, je vous puis dire qu'excepté celle de ceste ville, je n'oserois en présenter une à quelque prédicateur, qui pour y revenir eusE besoin de faire une journée.

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