‹ Œuvres complètes de Saint-François de Sales (volume 3)Chapitre 79 sur 185 · VII. "L · texte numérisé non relu

VII. "L

sœur, bien que j'en espère bonne issue. Je salue toutes nos Biles. Mais vray, ma tres-chere fille , vous estes vrayement tout uniquement et véritablement moy-mesme. Vive Jésus! Amen.

CDLXXVI.

S. François de Sales, à Madame de Chantai.

Il luy donne des ad vis sur la conduitte à tenir dans une visite que devoit lay faire M. BertheLot.

Dieu vous comble de son sainct amour, ma tres-chere fille, ma mère! Hyer Madame la Présidente me dit que M. Berthelot vous vouloit aller voir avec elle, et croy que ce sera aujourd'huy. Or, ainsi qu'elle me parla, il a tout plein de bonnes volontez pour nostre Congrégation; c'est pourquoy il le faut recevoir avec un accueil sâinctement et dévotement aggreable ^ et aggreablement dévot et sainct, et luy tesmoigner que desjà la Congrégation a beaucoup d'obligations à Monseigneur de Nemours (qu'il faut nommer Monsieur tout court), à cause delà bonne volonté qu'il a eue, tant pour les laods(l) de ce que vous achepteriez de son fait que pour le four; et que puisqu'il a pieu à Dieu de donner commencement à ceste petite Congrégation dans sa ville principale, vous voulez avoir une spéciale devo- . tion pour son salut et prospérité, et le tenir comme spécial protecteur; qu'il ne se pourra, qu'en plusieurs occasions vous n'ayez besoin de ses grâces et faveurs, et que vous priez ledit sieur Berthelot de vous y vouloir assister de sa charité et intercession ; que la Congrégation s'essayera de faire en sorte que personne n'aurajdu repentir de l'avoir aydée, et semblables petites choses. Ledit sieur Berthelot est un jeune homme fort esveillé, mais il ne faut pas laisser de le traitter dévotement, et de l'entretenir selon le loysir que vous en aurez. Il dit que luymesme contribuera, si M. de La Bretonniere se peut résoudre de faire nostre chapelle.

Bonjour, ma tres-chere fille; pour ce jourd'hui je n'iray pas vers vous, voulant laisser le loysir à ceste autre visite. Ditesmoy si vous vistes hyer M. de Mirebel; je pense Taller voir aujourd'huy.

(1) Prix d'achat.

LE FONDATEUR d'oRDRE. 387

CDLXXVII.

S. François de Sales , à Madame de Chantai,

Sur les armoiries des monastères de la Yisitatioii.

10 juin 1611.

Bonjour, ma tres-chere fllle : un accommodement qu'il faut faire ce matin entre deux de nos pasteurs de Gex me prive de la consolation d'aller voir mes plus chères brebis, et de les repaistre moy-mesme du pain de vie. Voilà M.' Rolland qui va suppléer à mon deffaut, toutesfois il n'est pas assez bon messager pour vous porter la pensée que Dieu m'a donnée ceste nuit, que nostre mayson de la Visitation est, par sa grâce, assez noble et assez considérable pour avoir ses armes, son blason, sa devise et son cri d'armes. J'ay donc pensé, ma chère Mère, si vous en estes d'accord, qu'il nous faut prendre pour arme un unique cœur percé de deux flesches enferme dans une couronne d'espines, ce pauvre cœur servant dans l'enclaveureàune croix qui le surmontera, et sera gravé des sacrez noms de Jésus et Marie. Ma fille, je vous diray à nostre première veue mille petites pensées qui me sont venues à ce subjet, car vrayement nostre petite Congrégation est un ouvrage du cœur de Jésus et Marie ; le Sauveur mourant nous a enfantez par l'ouverture de son sacré cœur. Il est donc bien juste que nostre cœur demeure, par une soigneuse mortification , tousjours environné de la couronne d'espines, qui demeura sur la teste de nostre chef, tandis que l'amour le tient attaché sur le throsne de ses mortelles douleurs.

Bonjour encore, ma fille; j'apperçois entrer nos playdeurs qui viennent interrompre la paix de mes pensées.

CDLXXVIII.

S. François de Sales, à Madame de Chantai,

Le Sainct n'ayant peu la visiter, la prie de luy envoyer de ses nouvelles.

Tyrannisé de visites et entretiens importuns, me voicy à la fin du jour sans vous avoir veuë, ma tendre fille : j'excepte pourtant la visite de la petite sœur qui vient de me laisser maintenant, et laquelle m'a laissé avec bon goust, parce que nous avons parlé de bonnes choses; mais ne laissez pas, ma chère fille de me faire sçavoir comme vous vous portez ceste après

disner, et après souper, en peu de lignes, de peur de vous travailler. 0 ! Dieu me donnera demain quelqu'heure pour vous voir. Croyez que ce ne sera pas si tost que je le souhaitle. \'[\ Maria.

CDLXXIX.

S. François de Sales, à Madame de Chantai.

■ Voila donc, ma tres-chere Mère, ma QUe, les psalmes; vous

^^^^ en pourrez prendre ou les trois derniers, pour loua les trois ^^^L jours, ou varier de trois en trois pour chaque jour. Cependant ^^^H quel contentement à ma pauvre ame de vous saluer encore ua ^^^^T peu par ceste occasion, vous, dy-je, ma tres-chere Mère, que mon ame chérit comme elle-raesme! Dieu soit à jamais l'unique ame de nostre unique vie, et l'unique vie de nostre unique

S. François de Sales, à Madame de Chantai.

Le SolDCt Lu prie rie se pourvoir d'un prsstre puiu •xoe measo à dira dons su cammuiaDté.

Pbnsez, ma tres-chere Mère , si je fus hycr bien mortifié, que je n'eus pas seulement le loysir de vous envoyer un petit boa soir. Au moins bon jour pour ce malin, ma tres-chere Mère, et je vous demande si vous pourrez avoir un Père Barnabite, car M. Roland est à compter de l'argent. Que s'il ne le peut, bonnement renvoyez-moy, et je vous pourvoiray bravement, et, tout au fin pis, ce sera d'un pauvre Evesque que vous aymez comme vous-mesme ; aussi est-il tout à vous.

CDLXXXI.

S. François de Sales, à Madame de Chantai.

Et pourquoy non moy à ma Mère? Vrayement, bon' soir, ma Ires-chere Mère, j'ay fait avec le procureur Latour qu'il ira jeaiy à Duzonche : c'est un bon personnage qui fera fort bien l'of&ce. Or sus, portez-vous bien, ma tres-chere Mère; Dieu vous comUe de paix, bénédiction et amour. Amen.

LE FONDATEUR d' ORDRE. 389

CDLXXXII.

Page 1