DX
S. François de Saies, à Madame de Chaulai.
Relteiilona rellgienMe nur le Saincl-Snaire.
Eh attendant de vous voir, ma tres-chere Mère, mon ame salue la vostre de mille et mille souhaicts , que Dieu la remplisse toute de la vie et mort de son fils Nostre ^Seigneur.
J'estois il y a un an , et environ ces heures, à Turin ; et monstrant le Sainct-Suaire parmy un si grand peuple, plusieurs gouttes de la sueur qui tomhoit de mon visage rencontrèrent dedans le Sainct-Suaire mesme; et nostre cœur sur cela fit ce souhaict : Hé! playse à vous, Sauveur de ma vie, mesler mes indignes sueurs avec les vostres, et destremper mon sang, ma vie, mes affections dedans les mérites de vostre sacrée moyteur!
Ma tres-chere Mère , le Prince-Cardinal se cuyda fascher de quoy ma sueur desgouttoit sur le Sainct-Suaire de mon Sauveur : mais il rae vint au cœur de luy dire, que Nostre Seigneur n"estoit pas si délicat, et qu'il n'avoit point respandu de sueur uy de sang que pour les mesler avec les nostres , affin de leur donner le prix de la vie éternelle. Ainsi puissent nos souspîrs s'allier aux siens, affin qu'ils montent en odeur de suavité devant le Père éternel.
LE FONDATEUR D ORDRE
Mais de quoy me vay-je souvenir? J'ay veu que quand mes frères estoient malades en leur enfance, ma mère les faysoit coucher dans la chemise de mon père, disant que les sueurs des pères estoient salutaires aux enfans. 0 que nostre cœur se couche en ceste saincte journée dans le suaire de nostre divin Père, enveloppé de ses sueurs et de son sang; et que là il soit, comme la mort mesme de ce divin Sauveur, ensevely dans le sepulchre d'une invariable resolution de demeurer tousjours mort en soymesme, jusqu'à ce qu'il ressuscite en la gloire éternelle. Nous sommes ensevelis, dit l'Apostre, avec Jesus-Chrzst en la mort d'iceluy, affin que nous ne vivions plus de la vieille vie, mais delà nouvelle. Amen.
DXI.
S. François de Sales, à S. A. Madame Marguerite , Infante de Savoy e, veu/ve de M. le Duc de Mantoue.
Il la supplie de prendre sous sa protection spéciale les Dames de la Visitation de la ville d'Annesdy, de leur procurer des lettres patentes, et de permettre que la première pierre de leur orato re soit posée en son nom.
Serenissima signera, si è fatta in Annecy una congregazione di dame honoratissime, parte vedove, parte zittelle, le quali scariche délie cose del monde, attendono con grandissima pietà e edificazioneal servizio del Signer Iddio, recitando ogni dî le ore délia sacratissima Vergine insieme nel suo coro, facendo ogni dil'orazione mentale, vivendo in ubedienza, solto il governo di una superiore, che esse hanno eletta, e osservando una esaltissima abnegazione délie cose terrene, come si suole nelli monasterii più riformati. Le giovani non escono mai délia casa, nella quale non v'entrano uomini, ma solamente le vecchie e ma-
Avant le 18 septembre 16U.
Madame, nous avons en ceste ville d'Annessy une congrégation de tres-honnorables dames, les unes veufves, les autres filles, qui, n'ayant que du desgoust pour le monde, s'adonnent au service de Dieu avec une très-grande pieté et une singulière édification. Elles recitent toutes ensemble au chœur les heures de la tres-sacrée Vierge, font l'orayson mentale, et vivent dans l'obeyssance sous le gouvernement d'une supérieure qu'elles ont esluë. De plus, elles observent une très-grande abnégation des biens de la terre, comme il se prattique dans les monastères les plus réguliers.
Les jeunes ne sortent point de
la. nafMO {aà ks d'mBtân, a*eotreBtfiauû= sooa la imteite}. mais seule- [ BMitles pioi asgéts et ka pbs ^ tagts-r et c'est pour te secoofs F desioflrmes.pnncipaleiseatdes ftatma Cemmes, qui, avant de ' ffmaàa. besÛDS, ont beaucoup i i aoaSm eo ceste TÎlie, où il n'j a. ifi'nn punrre bospital, qâ n'a pas assez de revesn poor faire de grandes charilez.
Cesle congregatioa s'est for- ' mée sur le modelle d'autres [ gemblableae^labliesdana Milan par ce grand serviteur de Dieu, ^ le glorieux S. Charles. Elles I ont desjA une roayson; mais, désirant neaotmoins faire construire un oratoire en l'honneur de la tres-aaincte Visitation de la bien-heureuse Vierge, dans lecpiel il y aura une chapelle sens te nom du bien-heureux Amedée, lorsqu'il sera canoni- , 9é, Vostre .\lte3ae Serenisaime I est tres-humblemeol supplyée I de prendre ceste congrégation , sous sa protection spéciale.
I aiHn qu'à Tombre de son nom I età la faveurdeaa chanté, elle [ puisse vacquer ans choses ce- I lestesavec tranquillité, n'ayant \ rien qui la Irouble ny au dedans I ny au dehors.
A qooy il sera nécessaire, l'Que Vostre Altesse Sere- I nissime desclare par lettres pa- I tentes, ou par lettres de cachet, [qu'elle reçoit et prend sous sa l protection ceste congrégation L en entier, et chacune des
dDwifleatau
cbeBOfi baa earitiadeUe
Ora essendosi formata quella congregazione a similitudine d'altre àîœiU. stabilité in Milano, dal gran servo d'iddio S.
Carlo, ed avendo comprata mut casa, e desiderando tuttavia rabbrtcar uo oratorio aJ ooiBe della santisBÎma Visitazione délia bealisstma Vergine. nel quale pur vi sîa una capetla, che si dedicherà sotto il nome àd beato Amedeo, quandu saca canonizato, si suppbca V. A.
Serenissima, che si degni accetlare , e recevere della c<a»gregazione neila sua speciaJissima proteziooe, acciôcbe solko l'ombra del suo Serenîssimo nome, e col favor della saa carilâ, possà con tranquîllità e pace interiore e esteriore air tendere aile cose celesti, péril che sarebbe necessario,
1° Che V. A. Serenissima, o per lettere patent!, o péri etlere chiuse, manifestetsse cbe ella riceve e piglia in protezio^ ne dettft congregazione e ciascheduna délie sorelle, o sia DO
LE FONDATEUK D ORDRE.
d^me, che in essa saranno^ attesfio e per ravvenire.
2*^ Che V. A. Sereniissima faciacon lettere saper questa sua intenzione al signor raarch. di Lans, e al senato di Savoja, acciô dove occorrerà essi abbiano cura di detta congregazione.
3? Sarebbe anco conveniente,.
chfi simili lettere si scri.vessero dair Altezza del Serenissimo signor Ducanostro sigaore y per le quali fajcesse sapere che delta congregazione essendo per ordine sno nella protezione- di V. A. vuole che sia, negli stali suoi, favorita e conservata.
11 che è tanto più raggionevole, che detta congregazione non. mendica , anzi si stabilisse aspese délie dame congregate,.
ne prétende giammai aver entrata , se non per niantener gli edificiiy la sacristia, il capellanoy e pagar il medico loro, 0. per via de censi perpelui, o in altre manière che non facciano aggravio a nessuno, ne daano impediraento alcuno alli dazii , overo taglie del Serenissimo Duca. Anzi. detta congregazione essendo, come si sper»,. frài pochi anni dotala dicpiella entrata per quelle cose comnuini,- le vedove scariche di figlioli, e le vergini che vorranno in castità, ubedienza,. e pietâ servir il Signor Iddi©,.
avranno grandissima conmiodir-
sœurs ou dames en particulier, tant pour le présent que pcMiir Tad venir;
2? Que Vostre Altesse Serenissime fasse sçavoir son inteur tion. à M. le marquis de Lans et au; sénat de Savoye, affîn que dans les occurrences ils prennent les interests de ladite congrégation ;.
3^* Il seroit encore à propos que Son Altesse Serenissime M*"" le Duc de Savoye envoyas!
de semblables lettres, par lesquelles il signifiast que cestecongrégation a'estant mise sous»
la protection de V. A., c'estaussi sa volonté qu'elle soit favorisée et conservée en ses Estats.
El cela est d'autant plus raysonnable, que ceste congrégation ne mendie point d'aumosnes, mais s'establit aux frais des dames qui y sont entrées, et ne prétend jamais avoir de revenus,, sinon pour contribner aux entretiens, tant des bastimens et de la sacristie, que du chappelain et du médecin, soit par le moyen des reur tes perpétuelles, soit par toute autre voye semblable, qui ne fasse aucun dommaige à personne, et qui ne mette nul erapeschement aux daces (1 ) ou tailles du Serenissime Duc; et rae&me laditte congrégation sera, comme j'espère y dans peu d'années y dotée de revenus suffisans pour l'entretien de la communauté : si bien que les
(1) DaziOj don, taille.