CHANT VII
Comment TAnge gardien berné se vengea; comment Organt voyagea dans le Ciel^ monté sur un Docteur,
jeunes cœurs, c'est ainsi qu'on vous damne;
Lancés à peine au sein du tourbillon,
Des séducteurs la criminelle adresse,
De rinnocence assiège la faiblesse,
Et par les sens lui donne la raison :
Dans une coupe aimable, enchanteresse.
Leur main adroite embaume le poison.
L'innocent boit; adieu son innocence,
Adieu vertus, adieu paix de Tenfance.
Qu'arrive-t-il à l'esprit égaré?
Avec l'Eglise et les Saints il fait schisme,
Met en oubli le dévot catéchisme,
Et les leçons de Monsieur le Curé.
Ainsi parlait d'Antoine le bon Ange,
Vilipendé naguère au cabaret,
Comme la Grâce au profane il versait.
Sur un nuage à grands pas il m.archait,
Disant parfois : Il faut que je me venge î
Dans sa fureur, le front il se cQgna,
Qui, sous le coup, étincelle jeta.
Il en sortit, par le même passage,
Certain projet bien méchant, quoique sage.
Ce grand dessein était de désunir
Antoine Organt, et cette Villageoise
Par qui jadis avint ladite noise :
Nice s'entend. Il sauta de plaisir;
Et déployant ses ailes diaprées.
Et par les bords artistement dorées,
Il s'envola, derrière lui laissant
Certain rayon d'odorante lumière.
Qui jaillissait du céleste derrière,
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Et suspendu majestueusement,
Droit il s'envole au pays des chimères,
Reines du monde, et sur-tout de nos pères.
Sur les confins de ce sot Univers,
Affreux séjour, et terme où tout expire.
Du vieux néant s'étend le vaste Empire;
C'est là qu'on voit ces fantômes divers,
Enfans légers du sommeil et de l'ombre,
Se promener sous des formes sans nombre,
Au sein profond de l'étemelle nuit,
Fuyant le jour qui les anéantit.
Là, sont Docteurs, Médecins, et Sophistes,
Marchands de Ciel, Sectateurs, Alchimistes
Tendant la main, et maîtres d'un trésor ;
Creux Charlatans, dont la sotte science.
Ou bien plutôt notre avare ignorance,
A chaque instant métamorphose encor
L'or en fumée, et la fumée en or.
C'est là qu'on voit le Temple de Mémoire;
L'orgueil en fut l'ingénieux auteur,
Et s'y plaça sous l'heureux nom de Gloire.
11 le bâtit de la sombre vapeur
Des actions fameuses sur la terre,
Et des forfaits enfantés par la guerre.
11 est assis sur des lauriers honteux,
Tenant en main quelques rameaux poudreux,
Dont il se sert à repousser sans cesse
L'opprobre altier qui le suit et le presse.
Et détourner l'importune lueur
De ce flambeau, dont l'équité terrible,
D'un œil profond, avide, incorruptible,
Vient éclairer le néant de son cœur.
Il a les mains et la lèvre sanglante,
Les yeux tendus, superbes, menaçans.
Et toutefois la bassesse impudente
Autour de lui brûle un profane encens,
Dont la vapeur et les flots imposans
Font voir Tidole au IraiveiTS âi'xiii \i\x%^^
Qu'adoro un sot, et que perce le sage.
Là sont placés tous ces vils Conquérans, Vantés par nous, et ma-udits en leur temps ;^ Ces Dieux cruels, et que la renommée Pétrit de sang, de pleurs, et de fumée.
Ah! faut-il tant se donner de soucis Pour acheter l'opprobre et le mépris !
L'Ange^ en passant, aperçut sur ces rives La Vérité, TEquité, les Vertus, De notre monde aimables fugitives, Poussant vers lui des regrets superflus.
11 ramena de ces lieux formidables Deux farfadets aux deux amans semblables; L'un à baudet, comme Nice Aumônier; L'autre à cheval, comme le Chevalier.
Il les percha sur son rayon céleste, Pique, part, court, vole, arrive soudain :
Les esprits purs sont d'une essence preste.^ Ce groupe en l'air frappa le genre humain.
Qui bonnement crut voir une Comète.
Les Négromans prirent leur amulette.
Maintes Nonnains disaient : Jésus 1 ma sœur,. La fin du monde ou quelque grand malheur l On vit frémir la croix du Tabernacle; Chaque Saint fit cette année un miracle.
Mainte dévote avait des visions; On n'entendait parler que de Démons.
Le Pape en rut, armé de son étole.
Catéchisait au haut du Gapitole, Et tout cela pour un Saint qui pétait, Et qui d'eux tous fort peu s'embarrassait.
Mais cependant Organt et sa maîtresse Au nez du Saint cheminaient en liesse.
Un tel aspect (c'était fait pour cela) De son cerveau le salpêtre éveilla.
Il fit d'un B. retentir l'atmosphère.
Eh! qui craindra de jurer désormais?
¥Rsse un Valet, un Roi même, xiti Rov^ \xv^v^
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Mais jure-t-on au séjour de lumière?
L'un d'un côté, l'un de l'autre trottant, Antoine Organt et sa maîtresse gente, Au gré de TAnge allaient se séparant, Du farfadet suivant la trace errante.
Jean l'Ecuyer avait pris les devans, Pour se choisir une hôtesse vaillante Et sans façon. Aux yeux des deux amans Les farfadets galopent dans la plaine ; Ils les suivaient, courant à perdre haleine.
Nice pensa laisser son capuchon»
Et tous les deux perdirent la raison.
L'Ange gardien^ d'une main invisible.
Précipitait leur course irrésistible.
Organt criait : Friponne, cette nuit.
De par Saint-Luc, j'enchaînerai ta fuite !
En ricanant, VOmbre lui répondit :
Nous le verrons, et puis se précipite.
De son côté, Nice, dont le baudet, Impatient, les grègues alongeait, Voyant bien loin percer dans la campagne Son cher amant sur son cheval d'Espagne, Criait à l'Ombre : Attendez, s'il vous plaît!
Le jour baissait, la vallée obscurcie Favorisait cette supercherie.
Organt enfin au logis arriva, Et Nice aux champs se trouvait loin de là.
Au même instant leurs yeux se dessillèrent.
De tous côtés les regards ils tournèrent; Mais vainement. Nice se livre aux pleurs, Et son-amant à d'horribles fureurs.
Tel un lion de l'affreuse Hircanie, Dont quelque More avare et sans pitié A terrassé Timprudente moitié, Plein de douleur, transporté de furie, Des longs accens de son sauvage amour Fait retentir les déserts d'alentour.
Champagne alors vers aow m^Wvfe i^N-èxv^^.
« Quoi, lui dit-il, Seigneur; quoi, nous pleurons!
« Y pensons-nous en bonne conscience,
« Dans l'univers n'est-il d'autres tétons?
« Vous trouverez mille Nices pour une.
« En attendant, le temps point ne perdons;
« Le verre en main, bravons notre infortune :
« Heureux, rions; et malheureux, buvons.
<^ Le Ciel fort peu s'intéresse à nos peines.
« Les Dieux là-haut, enivrés de nectar,
« Entre le^ mains de Taveugle hasard,
(c Du genre humain laissent flotter les rênes.
« Notre vie est un fleuve impétueux,
« Libre en sa course, et maître de son onde,
« Qui suit sa pente, et traverse le monde,
a Tantôt parmi des rochers sourcilleux,
« Des lits de fange, un eff'royable abime ;
« Tantôt parmi des sites plus heureux.
« Je plains celui qui se rend la victime
« Des simples jeux du hasard et du sort:
u Je ne crains rien, et même dans la tombe, .
« Si, sous ses coups, mon àme ne succombe,
« Après ma mort, je rirai de la mort.
a Votre douleur est douleur inutile,
« Sur la fortune elle ne fera rien;
« Au reste, elle est et volage et mobile;
« Par un caprice elle vous ôte un bien,
« Que par un autre elle pourra vous rendre.
« En attendant, le parti qu'il faut prendre,
« C'est dOj livrer votre peine au zéphyr;
« C'est de chanter, et de rire, et de boire,
<( Pour convertir cette peine en plaisir,
<( Ou tout le moins en perdre la mémoire.
« Est-ce aux Héros à se laisser charmer »?
Organt repari : « Ah! fallait-il aimer ^)!
11 était nuit, Diane nébuleuse N'était encor qu'à son premier croissant.
ISice, jouet de sa peine amoureuse.
Sans savoir où, s'en allait cheminant.
OUGANT
De temps en temps, le long des vastes plaines :
Mon cher Or gant! Organt elle criait;
Et l'écho seul, sur les cîmes lointaines,
Plaintivement Organt lui répondait.
Ses bras mignons au Ciel elle tendait,
Et ses beaux yeux, pleins d'inutiles charmes,
Et qui fondaient en inutiles larmes.
11 était nuit; où gîter cependant?
A qui s'offrir? Car elle avait grand'peine
A se montrer sous le noir vêlement.
Tandis qu'ainsi, malheureuse, incertaine, Elle flottait entre mille projets, Nés Tun de l'autre, un par l'autre défaits, Elle entendit le son d'une musette, Qui s'élevait du milieu des forêts ; Pour Técouter, l\ice, en pleurant, s'arrête.
(( Il est sans doute heureux, dit-elle, hélas! « Celui qui chante, et que j'entends là-bas »! A'ice, à ces mots, éplorée et tremblante.
Devers ces liegx où le berger chantait, Hâtait au trot sa monture indolente.
On aurait dit que le drôle en effet Prenait plaisir au pied qui le frappait.
Pour comble enfin, comme Nicelte avance.
Notre Berger sa musette laissant.
Fit place au loin au plus morne silence.
Près d'un ruisseau, Aicctte, en cheminant, ViUun vieillard endormi sous un plane; Elle descend, timide, de son âne.
Accourt, s'approche, et croit voir un p«steur ; Mais elle voit Ydrahaut^ l'Enchanteur, Qui, pour voler librement dans l'espace, Avait laissé son corps en cette place.
Ses vôtejnens étaient blancs, et de lin ; Sa barbe antique, artistement bouclée, A flots d'argent descendait sur son sein ; Une ceinture étroite et constellée.
Autour de lui tenait daws ^ow \^^^'5.
•70 ŒUVRES COMPLÈTES DE SAINT-Jl ST
Une baguette, un livre, et des anneaux,
De la magie instrumens infernaux.
JSice hésitait, et d'une main timide
Elle touchait le vieillard doucement,
Qu'elle craignait d'éveiller cependant;
Mais son esprit, occupé dans le vide,
Et dégagé des liens de son corps,
De ce bas monde était bien loin alors.
11 connaissait à fond l'Astronomie,
Apparemment flambeau de la Magie,
Et s'en allait dans les champs éternels
Etudier le destin des mortels.
Au bord de l'eau, Nice étendit ses charmés,.
En attendant le réveil à'Ydrahaui^
Bref, elle entend des coursiers au galop.
« Voici venir, dit-elle, des Gendarmes,
« Eloignongi-nous. » Elle prend son grison.
Monte dessus et perce le vallon.
C'était Organl et son ami Champagne^
Pour la chercher, qui battaient la campagne.
Organt tantôt ou jurait ou pleurait,
Et TEcuyer sur son âne prêchait.
Nos spadassins courent les plaines vertes.
Les monts, les bois, et les gorges désertes.
Bien étonnés, le lendemain matin.
De se trouver sur les rives du Rhin.
Ils entendaient de loin un bruit de guerre;
Organt s'arrête, et lève sa visière.
« Ami, dit-il, on combat près d'ici ;
« Heureux qui meurt ! allons mourir aussi. »
Comme ils parlaient, de la plaine voisine.
En voltigeant. Zéphyr leur apporta
Le son aigu d'une cloche argentine.
Champagne au bruit son oreille prêta;
Il aperçut dans le lointain bleuâtre
Le coq altier du clocher d'un couvent.
« Pour Dieu, dit-il, afin de mieux combattre,.
« Allons là-bas dîner auparavant. »
Derrière un bois, muette solitude, Loin des mondains et de l'inquiétude, Quelque Traitant, de ses tardifs remords Bâtit au Ciel un couvent sur ces bords.
Ici paraît une tourelle enduite Des larmes d'or de la veuve proscrite ; Là le regret éleva des murs saints Des pleurs amers, du sang des orphelins.
La sacrilège et profane Opulence A mis ce sang pour y crier vengeance.
Sur ces autels où le Dieu de bonté Fait homme un Dieu, fait Dieu Thumanité.
Une tardive et froide pénitence, Là de Frocards a rente Tindolence.
« C'est donc pour eux que l'avare Intérêt, <( Lavant ses mains dans un autre forfait, « S'est engraissé de meurtres, de victimes, « Pour soudoyer à jamais d'autres crimes!
« Quelques tondus payent-ils les malheurs <( Des innocents dont ils boivent les pleurs? » Antoine Organt^ en parlant de la sorte, Jà du Moutier découvrait la grand' porte, Où s'élevait sur la croix expirant.
Un Dieu pour nous chaque jour renaissant.
Organt arrive ; il entre au monastère.
Près de la porte était un vieux tilleul.
Dans ce séjour, vénérable lui seul.
Le spadassin trouva là grande chère.
Et l'avant-goût des biens du Paradis.
Ces gros reclus, de vin muscat fleuris.
En le voyant sont saisis d'épouvante.
Père Anaclet vint aii-devant de lui.
A chaque pas, sa bedaine branlante Rebondissait sur la terre tremblante.
Il se courbait sur un mobile appui ; Mille rubis, de couleur éclatante, Etincelaient sur son nez montueux.
Et son menfon, sur un çoxxtçoVwX ç.^^'Sft^^xvk.»
Se promenait à replis onctueux.
Il maugréait, d'une voix clapissante,
Contre le preux, qui, sans permission,
Etait entré dans la sainte Sion.
Organty flétri de douleur et de rage,
D'un coup de poing soulageant son ^rand cœur,
Fit reculer Monsieur l'Inquisiteur.
On crut alors le couvent au pillage.
Notre prudent et tranquille Ecuyer
Met pied à terre, et cherche le cellier.
Les saints reclus, l'effroi sur le visage,
Priaient Saint-Jean de conjurer l'orage,
Et s'écriaient : « Monsieur le Paladin,
« Ahî prenez tout, mais laissez-nous le vin. »
Organt leur dit : « Messieurs, mettez la table ; u Je viens ici boire à votre santé. »
Les porte-froc, à ce discours affable.
Se coloraient d'un air d'aménité.
Bientôt le vin dissipa les alarmes, Et du tokai la subtile vapeur Rougit les fronts qu'avait blanchis la peur.
Antoine Organt leur conta ses faits d'armes; Il commença d'oublier son chagrin.
Et son amour qu'avait noyé le vin.
Vers le dessert : u Çà, leur dit notre Alcide « D'une voix forte et d'un air intrépide, « Ce n'est pas tout : vous voilà rebondis; « 11 faut, Messieurs, marcher aux ennemis :
« Je les ai vu poindre sur vos montagnes ; <( Le Rhin lui seul vous protège contre eux; u Ils vont bientôt fondre dans ces campagnes, « Et s'en viendront boire votre vin vieux.
<( Çà braves gens, armez-vous; qu'on me suive. » Parlant ainsi, son redoutable bras, Aux yeux hagards de la troupe craintive, Faisait briller un large coutelas.
Le père Luc ne put vider son verre ; L'un se signa, l'autre fit sa prière.
OUGANT 75
Et tout à coup la fenêtre s'ouvrit;
Du haut des Cieux un âne descendit.
Mes chroniqueurs étaient gens bien profanes
D'aller nicher en paradis des ânes.
Voici comment certains Commentateurs
Ont expliqué cet indévot passage :
« Apparemment quand Tàme des Docteurs
« A dépouillé les terrestres honneurs,
« Pour s'envoler au céleste héritage,
u L'àne paraît, et reste à découvert. »
Mais revenons à mon saint homme d'àne ; Son corps était vêtu d'une soutane, Un grand bonnet par le sommet ouvert, Couvrait son chef, et cachait ses oreilles.
Que de bonnets en cachent de pareilles!
L àne, porté sur Taile d'Aquilon, Par la fenêtre entre dans le salon Où s'abreuVaient tous les bienheureux Pères.
« Du haut des Cieux, je viens, dit-il, mes frères, « Pour vous tirer du coupable danger « Où le courage aurait pu vous plonger. A Quoi! méprisant le 'Saint-Père et l'EglisCy u Vous aideriez la mondaine entreprise « D'un Paladin. Horret a sanguine « Ecclesia! » Lors d'un épais nuage Il entoura le brave courroucé Dont il voyait s'allumer le visage.
Ainsi Vénus, aux rives de Carlhage, Couvrit son fils avec l'air condensé.
L'àne, en latin, tint après ce langage :
« Fut-il un sot, TApôtre ingénieux, « Qui, par des lois si doucement sévères, « A défendu que tout Religieux « Traître, infidèle à son culte pieu.v, « Ne se baignât dans le sang de ses frères?
« Par ce moyen, loin du bruit, loin des guerres, « Dans un torrent de plaisirs enchanleacs., « Du genre humain vous u^irgvx^x V^*?» va^Xv^xv^'^"'.
. « D'un mort dupé les remords vous font boire, « Et vous riez sous votre cape noire, « Quand vous voyez le mortel hébété « Baiser la trace où vos pas ont porté. »
Le Paladin se lassait de Tentendre Braire en latin, sans pouvoir rien comprendre; 11 s'élança, le braquemard en main, Hors du nuage où l'avait mis le Saint.
Espadonnant et d'estoc et de taille, Sans goutte voir, il court de tous côtés.
Les saints reclus fuyaient épouvantés, Tous rebondis de la grasse ripaille Qu'ils avaient faite. Organt fut au hasard Heurter le Saint d'un coup de braquemard.
L'âne, dressant et l'oreille et la (jueue.
Fit retentir, du clairon de sa voix, L'air, le couvent, et toute la banHeue.
C'était ainsi qu'il prêchait autrefois.
D'un bond léger, le guerrier, plein d*audace, Impétueux s'élance sur le dos Du saint baudet, par la fenêtre il passe. L'âne rua, péta, fit mille sauts.
Organt saisit les oreilles pour bride Allègrement, s'envola, disparut, Et rassura notre banquet timide, Qui, de rechef, se réunit, et but.
Organt planait au séjour de Torage, Profanemeut sur le Docteur monté; Sylphes, lutins volaient sur son passage, Riant, bernant le pauvre âne hébété.
En voltigeant, ils lui tiraient l'oreille.
Et lui faisaient mainte insulte pareille.
Mat/lieu nous dit que ces frêles cerveaux Étaient pétris de sel et de bons mots.
Dont la vapeur et délicate et fine Ne montait point à la cervelle asine.
De temps en temps le saint Docteur ruait, Et le Héros à grands coups charpentait
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Les flancs sacrés du céleste Bourique, Qui lui disait, dans son style énergique, Que le Seigneur un jour le jugerait.
Sur rUnivers la nuit tendait ses voiles, Tout chamarrés de brillantes étoiles, Et dirigeait de l'orbe occide-ntal Son char traîné par un maigre cheval.
Le Paladin, en promenant sa vue.
Vit dans les airs un palais de cristal, Qui s'élevait comme sur une nue :
Mathieu Paris aimait lé merveilleux.
En lettres d'or on voit au frontispice :
L'Extravagance habite dans ces lieux, Organt sourit, et se dit sans malice :
« Je lui connais des Temples aussi beaux « Dans rUnivers. » En prononçant ces mots, 11 admirait ce bizarre édifice, Etincelant d'un million de flambeaux.
Sous un portique, il vit nombre de sols, Tristes amans de notre Pythonisse, Mores, Gaulois, Espagnols, Ostrogots, Qui venaient là de l'un et l'autre pôle Chercher les Arts, le goût, le bel esprit, Et le bonheur, qui s'appelait V... le.
Ici la haîne à la hâîne sourit; Là j'apperçois Courtisanes tannées, Tombeaux blanchis : ces roses surannées Vendent aux gens la mort qui les nourrit.
Jouant l'amour, ses faveurs et sa flamme, Le front serein, la rage au fond de l'âme, Donnant un cœur pour un morceau de pain.
Là la Richesse au pauvre tend la main.
Les yeux hagards, ici rôde TEavie; Nouveau Tantale, on la voit qui poursuit Un affiquet, un carrosse, un habit.
Ici l'Orgueil, là la Coquetterie, L'œil de côté, l'abord doux et flatteur; Le vermillon lui tient lieu 4e ^w^^vy^ .
Elle s'avance; elle a pour compagnie L'Intrigue sourde et la discrétion, Et rimpudence et la Dévotion; Là des pédans réforment la patrie.
Là des Prélats, llermiles du bel air, Et que Ton croit dans le monde au désert; Là les soucis qui se pâment de rire; Là des rimeurs hâves, secs, eiïarés, Dont la faim seule a causé le délire; Là la vertu sous des haillons soupire; Là des faquins et des forfaits dorés.
Antoine dit au Portier : « La Déesse Est-elle ici? puîs-je la voir? » Non pas; Elle est en France, et voici son adresse.
Devers Paris assemblant les États.