‹ Œuvres complètes de Saint-Just: avec une introduction et des notes,par Charles VellayChapitre 65 sur 150 · CHAPITRE X De rinfidelité des époux · texte numérisé non relu

CHAPITRE X De rinfidelité des époux

On a dit que la dépendance naturelle de la femme rendait son infidélité plus coupable que celle du mari; ce n'est point ici tout-à-fait que je veux examiner si cette dépendance est naturelle ou politique, je prie seulement qu'on y réfléchisse, mais je veux une bonne fois qu'on m'explique pourquoi le mari qui met des enfants adultérins dans la maison d'un autre, ou de plusieurs autres, est moins criminel que la femme qui n'en peut mettre qu'un dans la sienne. Il y a un contrat entre les époux (je ne parle pas du contrat civil). Le contrat est nul si quelqu'un y perd; dire que l'époux infidèle n'est point coupable, c'est dire qu'il s'est réservé, par le contrat, le privilège d'être mauvais; il est donc nul dans son principe naturel; il ne Test pas motns dans son principe politique, puisque sa liberté, à cet égard, a dû enfreindre le contrat d'un tiers, ce qui choque le pacte social. Ceux qui portent des lois contre les femmes et non contre les époux auraient dûi établir aussi que l'assassin ne serait point le criminel, maisJa victime; mais tout ceci tient aux mœurs. vous! qui faites des lois, vous en répondez; les bonnes mœurs peuplent les empires.

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