‹ Œuvres complètes de Saint-Just: avec une introduction et des notes,par Charles VellayChapitre 70 sur 150 · CHAPITRE XV Des Manières · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV Des Manières

Le Français n'a rien perdu de son caractère en saisissant sa liberté, mais il a changé de manières. Comme auparavant la pauvreté manquait de prétextes, le luxe se surpassait lui-même et devenait une passion impuissante, furieuse. Après la révolution les tributs étant excessifs et religieux, et légalité croissant par Tindigence, la simpli- <5ité vint de l'orgueil.

Le vieux sel de la nation étant conservé, la tyrannie parut un ridicule, la liberté une plaisanterie, Pesprit une Tertu.

On vit beaucoup de déclamateurs parce qu'on avait plus •d'esprit que de sens; la tète était libre, le cœur ne Pétait pas.

La politesse devint affectueuse, on ne se salua plus, on s'embrassa. '

On vit beaucoup'de gens de bien et de génies ardents; ia liberté fut une passion plutôt qu'un sentiment; les amis de la patrie formèrent des sociétés où régnait le plus habile. Celle des Jacobins fut la plus fameuse. Elle était remplie de quatre hommes vraiment grands, et dont nous parlerons un jour ; rien n'est mûr aujourd'hui.

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