CHAPITRE XIX
De la Religion du Sacerdoce,
Les anciens n'avaient point de lois religieuses, le culte était superstitieux ou politique. La Grèce n'a vu qu'un trait de fanatisme, encore était-ce une fourberie de Philippe, quand il mena ceux de Thèbes' et de Thessalie contre les Phociens pour venger le prétendu mépris d'Apollon.
Les premiers Romains, les premiers Grecs, les premiers Egyptiens, furent chrétiens. Ils avaient des mœurs et de la charité : voilà le christianisme. Ce qu'on appela les chrétiens depuis Constantin ne furent la plupart que des sauvages ou des fous.
Le fanatisme est né de la domination des prêtres europèens. Ud peuple qui a dompté sa superstition a beaucoup
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fait pour sa liberté; cependant il se doit bien garder d'altérer la morale; elle est la loi fondamentale de la vertu.
La France n*a pjùnt démoli son Eglise, mais en a repoli les pierres. Elle a pris le pouls des passions publi<|uos, et n'a ôté que ce qui tombait de soi-môme. Les scrupules canoniques des évoques n'ont plus semblé et n'étaient vraiment que des sophismes, parce que les conventions avaient changé et qu'ils s'étayaient de formes au lieu de maximes.
On prescrivit un serment qui rendit civil le sacerdoce, mais on fit très bien de n'attacher au refus de le prêter d'autre peine que la perle du temporel ; par là le fanatique fut réduit à vivre de racines ou à trahir un cœur avare. Le ministère ecclésiastique fut électif; s'il eût été une faveur, ce qui naissait de la flatterie eût étoulïé la vérité.
Ainsi tomba cette terrible théocratie qui avî\it bu tant de sang. Ainsi Dieu et la vérité furent affranchis du joug de leurs prêtres.