‹ Œuvres complètes de Sainte Térèse de Jésus; traduction nouvelle par les Carmélites du premier monastère de ParisChapitre 16 sur 185 · CHAPITRE XXra. - SÉVILLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXra. - SÉVILLE

Aussi bien, puis-je affirmer que j'ai usé en ceci d'une très grande réserve, dans la crainte de lui causer quelque peine, si cet écrit venait à lui tomber entre les mains. Mais comme il verra le jour — si tant est qu'il le voie — dans un temps bien éloigné, je n'ai pu m'empêcher, j'ai même cru de mon devoir, de faire ici mention de celui qui a si heureusement contribué au renouvellement de la première règle (1). Il est vrai qu'il n'a pas été le premier à l'embrasser; mais il vint en un temps où j'aurais eu plusieurs fois des regrets que cette réforme eût commencé, si je n'avais mis toute ma confiance en la miséricorde de Dieu. Je parle ici des maisons de religieux ; car pour celles des religieuses, jusqu'à présent elles ont toujours bien été. Ce n'est pas que celles des religieux allassent mal, mais elles portaient en elles un germe de très prochaine décadence. Ne formant pas de province à part, elles étaient gouvernées par les carmes chaussés. Ceux-ci ne donnaient pas d'autorité aux déchaussés qui auraient été capables d'en exercer une, je veux dire au père Antoine de Jésus, qui avait commencé la réforme. Puis, les Déchaussés n'avaient pas encore de constitutions données par notre révérendissime père général : chaque maison se conduisait comme elle Fentendait. S'il leur avait fallu at-

(1) Co ne fut qu'en 1610 que le Livre des Fondations fut livré à Timpression, par les soins de la mère Anne de Jésus et du père Gratien lui-môme. On lit dans la correspondance inédite de celui-ci, à la date du 21 août 1610 : • Nous venons d'achever l'impression du Livre des Fondations de la sainte mère. Vous le recevrez sans retard. J'aurais bien désiré qu'il ne fût pas imprimé de mon vivant, à cause de je ne sais quelles naïvetés que la mère dil de moi dans le récit de la fondation de Séville. Mais la mère Anne de Jôsus Ta voulu. - (Lettre d'Anvers, à la mère Julienne de la Mère de Dieu, prieure des carmélites de Séville.)

OUTRES. — IT. .*i

:U UBS FONDATIONS.

tendre ces constitutioiig, ou un gouvernemeiit qui leur fût propre, bien des difficultés se seraient produites, car les uns étaient d'un avis, les autres d'un autre. Cette situa- .ti<»ime causait parfois des angoisses bien vives.

Notre-Seigneur arrangea tout par le nu>yen du père maître Jérôme de la Mère de Dieu, qui fut nommé commissaire apostolique et reçut pouvoir et autorité sur les Déchaussés, tant religieux que religieuses. 11 fit des conswtitutions pour les religieux. Qu^i^t à nous, nous avions 'déjà les nôtres, que nous tenicms de no^ révérendissiote père général (1). Ainsi, il n'en fit point pour nous, mais pour les religieux seulement. 11 se servit à cet effet des pouvoirs apostoliques qu'il avait reçus et des talents dont le Seigneiu*, je le r^)ète, l'a si largement doué. La première {ois qu'il fit la visite des couvents de religieux (2), il éta- Uit sur tous les points un ordre parfait. Il était visible que la divine Miyesté l'assistait et que Notre-Dame lavait choisi pour restaurer son ordre. Je sup{^ de tout nxin cœur cette glorieuse Vierge d'obtenir de son Fils qu'il le protège toujours et lui accorde la grâce de faire de grands progrès dans son service. Amen.

(1) Los constitutions des carmélites déchaussées avaienl été composées •par "Wrèse dl^mêrae. Néanmoins la sainte ponvalt dire que les religîenses les tenaient du père général, en ce sens qu*il les avait approuvées et en avait ordonné l'observance, l'année l.*>68. Le texte des premières constitu. lîoi» des cannes déehanssés, composées par le pCre Grafîen et lonêes par saisie Térèse, nous a été coiiscr>-é par le i)ère François de Saînte-Morirt ^iase la Heformade Im Ihgmims (t. I, Itb. I!T, cap. tli).

(f> OIte même année tS»7î>.

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