‹ Œuvres complètes de Sainte Térèse de Jésus; traduction nouvelle par les Carmélites du premier monastère de ParisChapitre 9 sur 185 · CHAPITRE XXII. — BEAS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII. — BEAS

plaisir et de délectation dans les souffrances et les désirs de la mort. A mesure que Theure suprême approchait, Tallégresse et la jubilation de son cœur allaient grandissant. Les deux derniers jours qu'elle passa sur la terre, elle demeura comme en extase, les yeux élevés au ciel, répétant de temps en temps : « Je viens, ma mère. • La veille de son départ pour la patrie, elle pria qu'on lui chantât le cantique composé par saint Jean de la Croix dans sa prison de Tolède :

^ Adonde te escondiste, Amado ?

Où vous ôtes-vous caché, mon Bien-Aimé? Une de ses filles lui demanda comment TEpoux la traitait à cette heure : « Il se montre, dit-elle, plein de suavité. » Puis, voyant approcher le moment des noces si désirées, toute débordante d'une joie céleste, elle s'adressait à la mort, disant : « 0 mort, remplie do douceur! Qui donc peut t'accnser d'être triste et amère, alors qu'il n'est rien do plus joyeux que toi? O mon Maître I Est-il possible de diffamer si injustement la mort, cette porte qui nous conduit à vous I Ah I l'on voit bien que vous l'avez franchie vous-môme, car vous lui avez enlevé toute son amertume. » C'est ainsi que quitta l'exil la vénérable Catherine de Jésus, l'une des plus belles Âmes que le Carmel réformé ait données au ciel. Des harmonies angéliques, des parfums délicieux, révélèrent la gloire de cet heureux passage (23 février 1586). Catherine apparut glorieuse & saint Jean de la Croix, i\ sa soeur Marie de Jésus, alors sous-prieure h Malaga, et t\ bien d'autres membres de la réforme. A une religieuse de Grenade, elle se montra resplendissante, disant ces simples mots, qui résument bien sa vie et celle de toute vraie carmélite déchaussée : Ahl quelle douce chose que d'aimer Dieu et de beaucoup souffrir pour lui ! (Cfr. Relation inédite sur la vie et les vertus des religieuses de Bcas. — Reforma de los Descalzos, t. II, lib. VII, cap. xiii- XXXIII.) Les restes de Catherine de Jésus sont rentrés en la possession des carmélites. La pierre qui les recouvre porte cette inscription : Ici sont révérées les reliques de la vénérable mère Catherine de Jésus Sandoval y Godtnez, qui aida la fondatrice sainte Térèse de Jésus à construire ce couvent, bâti sur ses instances et de ses biens. Elle y prit l'habit. Ces reliques furent placées ici le 27 novembre i832, aux frais d'un parent de la vénérable mère, Messire don Mariano Fontes Abad Quiepo Llano, marquis d'OrdoM* La Bibl. nat. de Madrid possè<le une lettre inédite de Catherine do Jésus, datée de Sabiote.

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