PAR A. GUILLEMIN
Auteur du ciel
UN MAGNIFIQUE VOLUME ILLUSTRÉ DE 450 GRAVURES SUR BOlS ET DE II PLANCHES TIRÉES EN COULEUR
Broché, 20 fr. — Relié, dos en chagrin, plats en toile, tranches dorées, 25 fr.
Voici le moment de l'année où la science se fait coquette. L'honnête et sévère dame veut plaire, non plus seulement à ses servants habituels, mais à tout le monde. Elle se fleurit et se pomponne, et sourit aux passants à travers les vitraux des libraires. Est-ce un tort? Non, assurément : il n'est pas défendu d'être aimable quand on reste honnête et sincère. Et c'est même la nature de la vraie science, que de pouvoir se plier à tous les goûts et de se faire accepter par toutes les intelligences. Il n'est pas une science — j'entends une science naturelle — qui n'ouvre des champs sans limites à l'imagination, à la rêverie du poëte et du penseur. Ainsi, dans le beau livre de M. Amédée Guillemin, le Ciel, en regardant ces chromolithographies si douces à l'œil, où l'horizon de Paris, avec toutes ses étoiles, se dessine, pâle et bleu, au-dessus des "monuments, on se prend à songer , comme en face du paysage d'un maître. Puis, quand on a contemplé tous ces astres, chacun dans sa dimension relative, quand on a été ébloui de toute cette splendeur céleste, on veut savoir le nom de ces points errants dans le ciel, et de l'image on va au texte. C'est le premier pas dans la voie de la science, et avec un guide comme M. Guillemin on peut être assuré que ce premier pas ne sera pas le dernier.
Cette année, le même écrivain vient encore, dans les Phénomènes de la physique, d'embrasser la nature dans ses plus générales manifestations et de faire de la haute science, en restant simple et clair. Les travaux d'Ampère, d'Arago, de Faraday sont résumés et présentés par M. Guillemin avec, ordre et méthode.
Je parlais tantôt de la poésie qui se trouve dans la science, et non sans raison; car je ne sais rien qui parle plus à l'imagination que cette admirable découverte de l'analyse spectrale, qui a permis de trouver quatre métaux nouveaux et d'étudier la composition chimique du soleil, des étoiles et des nébuleuses. Connaître la constitution chimique d'une nébuleuse! quel étonnement et quelle gloire pour l'homme, et qu'en penserait Kepler lui-même, s'il lui était donné d'assister à une telle chose! Voilà les vrais miracles, et ceux-là, ce ne sont ni des prophètes, ni des illuminés qui les ont accomplis, mais d'humbles savants qui ont cherché là où l'on trouve, dans l'observation et dans l'analyse.
[Avenir National, du 31 décembre. — Désonnaz. )
L'auteur du Ciel, M. A. Guillemin, nous donne, cette année, sous le titre de les Phénomènes de la physique, un livre édité avec un grand lure de figures et de planches, auquel le succès très-mérité du Ciel présage de nombreux lecteurs. Nous laissons M. Guillemin indiquer luimême le plan de cet ouvrage et l'esprit qui a présidé à sa rédaction. « Pesanteur, son, chaleur, électricité, lumière, telles sont les catégories dans lesquelles viennent se ranger les phénomènes dont la description fait l'objet de cet ouvrage. Nous ne nous sommés point borné, du reste, à un simple exposé des faits, nous avons essayé d'en faire saisir les rapports intimes, en d'autres termes, les lois, tâche un peu ardue peut-être quand on .n'appelle pas à son secours le langage si clair et si simple des mathématiques. Nous avons conçu et rédigé ce nouveau travail dans le même esprit que notre ouvrage d'astronomie intitulé le Ciel : c'est assez dire que nous n'avons pas eu la pensée ni la prétention d'écrire un cours de physique ; nous avons tenté d'aplanir la voie à ceux qui veulent pousser plus loin leurs études, tout en donnant aux gens du monde une idée suffisamment claire et juste de la science. » Le public, dont les sympathies sont depuis longtemps acquises à l'auteur du Ciel, montrera cette fois encore à M. Guillemin, nous en sommes certain, que son plan est bon, et qu'il l'a heureusement suivi.
( Temps, du 31 décembre. — L. Grandeau.)
Dans un sujet plus technique, M. Amédée Guillemin, l'auteur du Ciel, a su rester attrayant et clair. Ses Phénomènes de la Physique initient l'ignorant aux lois de la pesanteur et du son, de l'électricité et delà
lumière. Ce n'était pas une tâche facile que d'exposer ces raisons de choses, rerum causas, dont la physique est la logique naturelle, sans recourir au grimoire des chiffres et à la langue des mathématiques. M. Amédée Guillemin élude cette difficulté par une clarté de démonstration que n'altèrent pas les problèmes les plus compliqués, et la clarté n'est chez lui que la transparence de la profondeur.
[Presse, du 30 décembre. — Paul he St-Victob.)
La maison Hachette se fait toujours remarquer par le nombre et 1; beauté de ses publications ; elle nous offre cette année :
Les Phénomènes de la physique, superbe livre d'ètrennes, grand in-8 de 780 pages, illustré de 11 planches imprimées en couleur et de 4oi figures, est dû à la plume de M. Guillemin, l'auteur du Ciel. M. Guille min est un de nos savants vulgarisateurs des plus justement estimés Dans ce remarquable ouvrage, tout à la fois sérieux et à la portée de gens du monde , on s'initie sans peine aux phénomènes les plus grar dioses et aux applications les plus utiles qui sont du ressort de la physi que. Pesanteur, son, chaleur, électricité, lumière, telles sont les catt gories sous lesquelles viennent se ranger les. sujets traités dans ce fécon ouvrage. M. Guillemin ne s'est point borné à un simple exposé des fait il a essayé d'en faire saisir les rapports intimes, les lois ; tâche ardu quand on n'appelle pas à son secours le langage si clair et si simple d( mathématiques, maisjjans laquelle l'élégant vulgarisateur a parfaitemei réussi. (Gazette de France, du 31 décembre. — Rambosson. )
M.. Amédée Guillemin, l'auteur du Ciel vient de donner un pendant ce beau livre en publiant les Phénomènes de la Physique, magnifiqu volume de près de 800 pages, illustré de 450 figures et de 11 plancht imprimées en couleur.
Il sera bien difficile de ne pas aimer la physique avec un pareil inte prête. On l'apprendra en se jouant. Les gravures sont si nombreuses flattent tant le regard que, malgré soi, il faut remonter du dessin s texte, quand le texte^par lui-même n'excite pas la curiosité Le nouvea livre n'a pas la sécheresse d'un traité de physique et il est néanmoii presque aussi complet ; il peut avantageusement être mis dans Ii mains des jeunes étudiants.
C'est un cours très-lucide où les expériences du professeur sont ren .placées par des illustrations qui font toucher du doigt les phénomèn et leur interprétation; en outre, les découvertes les plus récentes y so relatées avec leurs démonstrations à l'appui, ce qui manque à plus d'i traité didactique.
Il nous faut citer parmi les planches hors texte la bulle de savoi phénomène d'interférence et anneaux colorés, la lumière électrique da les tubes de Gessler, l'arc-en-ciel, l'aurore boréale. Ces gravures colorié sont d'un merveilleux effet. Il sera bien difficile de faire maintenant pi beau que le livre de M. Guillemin.
( Constitutionnel, du 30 décembre. — De ParvillE.)
Quant à M. Amédée Guillemin, depuis longtemps on le connaît l'apprécie et on l'aime; aussi le succès des Phénomènes de la physiq sera-t-il au moins aussi grand que celui qu'obtint jadis le Ciel, et c'< justice.
M. Guillemin s'est bien gardé de suivre les errements de ses deva ciois; dédaignant la partie anecdotique de la science, il cherche à inl resser les lecteurs, non en leur montrant en détail les applications p: tiques des découvertes des physiciens, mais en leur expliquant dans langage toujours clair, précis, noble, les mystérieux phénomènes q jusqu'ici on n'avait jamais cherché à faire comprendre sans l'aide à mathématiques.
« Il ne faut point chercher dans l'étude des phénomènes physiqu dit-il, faite au point de la science pure, le charme d»s descriptions p< tiques ou pittoresques; en revanche, une telle étude est éminemmi
LE ROI HENRI IV
M. Poins vont venir tout à l'heure : ils mettront deux de nos jaquettes et de nos tabliers, et Sir John ne doit pas le savoir : Bardolph est venu prévenir de la chose.
Premier garçon. — Par la messe, nous allons voir une drôle de farce ; ce sera un excellent stratagème.
Second garçon. — Je vais voir si je puis trouver Sneak. (Il sort.)
Entrent L'HÔTESSE et DOLL TEARSHEET.
L'hôtesse. — Vrai, mon cher coeur, il me semble que vous êtes maintenant dans un excellemment bon état; votre petit pouls bat aussi extraordinairement que le cœur peut le souhaiter, et quant à vos joues, je vous garantis qu'elles sont aussi rouges que n'importe quelle rose, là, en bonne vérité ! Mais, sur ma foi, vous avez bu trop de vin des Canaries; c'est un vin merveilleusement empoignant et qui vous parfume le sang avant qu'on puisse dire : « qu'ai-je donc? » Comment allez-vous maintenant?
Doll. — Mieux que tout à l'heure ! Hem !
L'hôtesse. — Pardi, voilà qui est bien dit; un bon cœur vaut de l'or. Voyez, voici Sir John.
Entre FALSTAFF.
Falstaff, chantant. — a Lorsque Arthur tint d'abord sa cour. » Videz le pot de chambre. « Et c'était un digne roi. » {Sort le garçon.) Comment vous trouvez-vous maintenant, Mistress Doll?
L'hôtesse. — Malade d'un éblouissement, oui, en vérité,
Falstaff. — Ainsi sont toutes ses pareilles ; dès qu'elles ont des éblouissements, elles sont malades.
Doll. — Crapuleuse canaille, c'est là toutes les consolations que vous me donnez?
Falstaff. — Vous les faites grasses, vos canailles, Mistress Doll.
Doll. — Je les fais! c'est la gourmandise et les maladies qui les font; je ne les fais pas, moi.
Falstaff. — Si le cuisinier aide à faire la gourmandise, vous aidez à faire les maladies, Doll : nous attrapons cela de vous, nous attrapons cela de vous, Doll; accordez-moi cela, ma petite vertu, accordez- moi cela.
Doll. — Oui, pardi! vous attrapez nos chaînes et nos bijoux.
Falstaff. — « Vos broches, vos perles et vos chatons: » car pour servir bravement, vous savez,
il faut s'avancer sans traîner, traverser la brèche avec la pique bravement tendue, et aller bravement chez le chirurgien; il faut se lancer bravement sur les pièces chargées.
Doll. — Allez vous pendre, congre boueux, allez vous pendre !
L'hôtesse. — Allons, voilà encore vos anciennes habitudes ; vous ne pouvez pas vous rencontrer sans avoir quelque dispute : vous êtes tous deux, en bonne vérité, aussi mauvais que des rôties sèches ; vous ne pouvez pas supporter les confirmités l'un de l'autre. Eh, jour de Dieu! il faut qu'il y en ait un qui supporte l'autre, et ce doit être vous : (à Doll) vous êtes le plus faible vase comme on dit, le vase le plus vide.
Doll. — Est-ce qu'un faible vase vide peut supporter.un si large tonneau plein? Il y a en lui toute la cargaison d'un marchand de vins de Bordeaux ; vous n'avez jamais vu un bâtiment dont la cale soit mieux remplie. Allons, je veux être amie avec toi, 'Jack. Tu pars pour les guerres, et si je dois te revoir ou non , personne ne s'en soucie.
Rentre le garçon de taverne.
Le garçon. -+- Monsieur, l'enseigne Pistol est en bas et désirerait vous parler.
Doll. — Pendu soit-il, cette canaille de querelleur! Ne le laissez pas venir; c'est le drôle le plus mal embouché d'Angleterre.
L'hôtesse. — Si c'est un querelleur, qu'il ne vienne pas ici: non, sum a foi; il faut que je vive avec mes voisins, je ne veux pas de querelleurs : j'ai bonne renommée et bon crédit parmi les plus honnêtes gens. Fermez la porte; il. n'entre point de querelleurs ici ! je n'ai pas vécu jusqu'à présent pour avoir maintenant des querelles; fermez la porte, je vous en prie.
Falstaff. — Entends-tu, Hôtesse?
L'hôtesse. — Je vous en prie, tranquillisez-vous, Sir John; il n'entrera pas de tapageurs ici.
Falstaff. — Entends-tu? c'est mon enseigne.
L'hôtesse. — Trou la la, Sir John, ne m'en parlez pas; votre enseignede querelleur n'est pas faite pour ma porte. J'étais l'autre jour devant M. Maigret, le député, et comme il médisait, — c'était pas plus tard que mercredi dernier, — « Voisine Quickly, » me disait-il, — notre ministre, M. Motus était présent, — « Voisine Quickly, me dit-il, ne recevez que les gens civils, vous avez une mauvaise réputation....» Je sais bien pour-