‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 126 sur 447 · ACTE III, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE I

mais pardi, il y a un autre chef d'accusation contre toi; la liberté que tu laisses de manger de la chair dans ta maison, contrairement à la loi, délit pour lequel je crois que tu hurleras.

L'hôtesse. — Tous les aubergistes font de même: qu'est-ce que c'est qu'un gigot de mouton ou deux dans tout un carême?

Le prince Henri. — Vous, Madame....

Doll. — Que dit votre Grâce?

Falstaff. — Sa Grâce dit des choses qui font révolter sa chair, (On frappe à V intérieur.)

L'hôtesse. — Qui frappe si haut à la porte ? regardez ici, à la porte, Francis.

Entre PETO.

Le prince Henri. — Peto ! Eh bien, quelles nouvelles ?

Peto. — Le roi, votre père, esta Westminster: il est arrivé du Nord vingt courriers éreintés et n'en pouvant plus ; et comme je venais, j'ai rencontré sur mon chemin une douzaine de capitaines, nu-tête, suants, frappant aux tavernes, et demandant à tout le monde où était Sir John Falstaff.

Le prince Henri. — Par le ciel, Poins, je me sens très à blâmer de profaner un temps précieux en dissipations, alors que la tempête du bouleversement, pareille au vent du sud chargé d'un noir nuage, commence à fondre et à pleuvoir sur nos têtes nues et désarmées. Donne-moi mon épée et mon manteau. Bonne nuit, Falstaff. (Sortent le prince Henri, Poins, Peto et Bardolph.)

Falstaff. — Voilà qu'arrivait le plus exquis

morceau de la nuit, et il nous faut partir sans y mordre. (On frappe de nouveau.) Comment, on frappe encore !

-fie/tf/e BARDOLPH.

Falstaff. — Eh bien, qu'y a-t-il?

Bardolph. — Il vous faut partir immédiatement pour la cour, Monsieur ; une douzaine de capitaines vous attendent à la porte.

Falstaff, au Page. — Paie les musiciens, maraud. Adieu, hôtesse; adieu, Doll. Vous voyez, mes bonnes filles, comme on recherche les hommes de mérite ; les propres à rien peuvent dormir, tandis que l'homme d'action est appelé. Adieu, mes bonnes filles; si je ne reçois pas l'ordre de marcher sur l'heure, je vous verrai avant mon départ.

Doll. — Je ne puis parler. Ah! si mon cœur n'est pas près d'éclater!... Allons, mon doux Jack, prends bien soin de toi.

Falstaff. — Adieu, adieu. (Sortent Falstaff et Bardolph.)

L'hôtesse. — Allons, porte-toi bien ; vienne la saison des petits pois , il y aura vingt-neuf ans que je te connais ; mais d'homme plus honnête et d'un cœur plus loyal.... Allons, porte-toi bien.

Bardolph, de Vextérieur. — Mistress Tearsheet !

L'hôtesse. — Qu'y a-t-il ?

Bardolph. — Dites à Mistress Tearsheet de venir parler à mon maître.

L'hôtesse, — Oh ! courez, Doll, courez ; courez, ma bonne Doll. (Elles sortent.)

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