‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 145 sur 447 · ACTE V, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III

vous; je suis à vous tout à l'heure : très-aimable Monsieur, asseyez-vous. Monsieur le page, mon bon Monsieur le page, asseyez-vous : grand bien vous fasse ! Ce que nous ne vous donnerons pas en victuailles, nousle remplacerons enboissons: mais il vous faut nous excuser; le cœur y est et cela suflit. (// sort.)

Shai.low. — Soyez gai, M. Bardolph, et vous aussi, mon petit soldat, soyez gai.

Silence, chantant:

Soyez gai, soyez gai, ma femme est comme toutes

les autres ; Car les femmes sont des mégères, qu'elles soient

cou! tes ou longues ; Il fait joyeux dans la salle quand toutes les barbes

s'y remuent, Et fêtent le joyeux mardi gras.

Soyez gai, soyez gai.

Falstaff. — Je ne pensais pas que M. Silence fût un homme de cet entrain-là.

Silence. — Qui, moi ! j'ai été gai comme cela deux fois et une avant aujourd'hui.

Rentre DAVY.

Davy, à Bardolph. — Voici un plat de pommes Rambonrg pour vous. (Il pose le plat devant Bardolph . )

Shallow. — Davy !

Davy. — Votre Honneur? je suis à vous à l'instant. (à Bardolph.') Un verre de vin, Monsieur ?

Silence, chantant :

Un verre de vin pétillant et clair

Pour que je boive à la santé de ma maîtresse;

Un cœur joyeux vit longtemps.

Falstaff. — Bien dit, M. Silence.

Silence. — Et nous serons joyeux , nous aussi; voici venir le bon moment de la soirée.

Falstaff. — A vous, santé et longs jours, maître Silence !

Silence, chantant :

Remplissez le verre et passez-le-moi.

Je vous ferai raison à un mile de profondeur.

Sballow. — Honnête Bardolph, sois le bienvenu : si tu as besoin de quelque chose et que tu ne le demandes pas, va-t'en au diable. Tu es le bienvenu, toi aussi, mon gentil petit filou, vraiment

le bienvenu. Je vais boire à M. Bardolph et à tous les cavaleros de Londres.

Davy. — J'espère voir Londres une fois avant de mourir.

Bardolph. — Si je pouvais vous y voir, Davy....

Shallow. — Par la messe, vous casseriez le cou à une bouteille ensemble, eh ! n'est-ce pas, M. Bardolph?

Bardolph. — Oui, Monsieur, et dans un grand verre.

Shallow. — Je te remercie. Le drôle s'accrochera à toi, je t'en réponds ; il ne renardera pas, il est bien dressé.

Bardolph. — Et je le serrerai de près, Monsieur.

SnAixow. — Parbleu, c'est parler comme un roi. Ne vous laissez manquer de rien; soyez gai. (On frappe à la porle.)Yoyez qui est là à la porte ; eh! qui frappe? (Sort Davy.)

Falstaff, à Silence qui vient de vider un verre. — Parbleu, maintenant vous m'avez fait droit.

Silence, chantant:

Faites-moi droit,

Et nommez-moi chevalier.

Samingo.

N'est-ce pas comme cela ?

Falstaff. — C'est comme cela.

Silence. — Est ce comme cela ? Eh bien, dites au moins qu'un vieillard peut faire quelque chose.

Rentre DAVY.

Davy. — Plaise à Votre Honneur, il y a là un certain Pistol qui vient de la cour avec des nouvelles.

Falstaff. — Delà cour? faites-le entrer.

Entre PISTOL.

Eh bien! Pistol, qu'ya-t-il?

Pistol. — Sir John, Ditu vous bénisse!

Falstaff. — Quel vent vous mène ici , Pistol?

Pistol. — Ce n'est pas le mauvais vent, qui ne mène personne au bien. Mon doux chevalier, tu es maintenant un des plus considérables personnages du royaume.

Silence. — Par Notre-Dame, je crois qu'il en est un des plus considérables, si l'on excepte le bonhomme Puff de Barson.

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