Acte V, se. in
Pistol. — Pouf? pouf toi-même, lâche et vil renégat ! Sir John, je suis ton Pistol et ton ami, et j'ai couru après toi, à bride abattue, et je t'apporte des nouvelles, de joyeuses chances, des espérances dorées, et d'heureuses et précieuses assurances.
Falstaff. — Je t'en prie alors, apprends-les-moi dans le largage d'un homme de ce monde.
Pistol. — Foutra pour le monde et les vils mondains ! je parle de l'Afrique et des félicités dorées.
Falstaff. — O vil chevalier Assyrien, quelles sont ces nouvelles ? Laisse le roi Cophetua apprendre ce qu'elles ont de vrai.
Silence, cliantant. — Et Robin Hood, Ecarlate et Jean....
Pistol. — Est-ce que des chiens de fumiers vont affronter les Hélicons? Est-ce que les bonnes
nouvelles seront ainsi raillées ? En ce cas, Pistol, pose ta tète sur le sein des Furies.
Shallow. — Honnête Monsieur, votre éducation m'est inconnue.
Pistol. — Alors vous n'en êtes que plus à plaindre.
Shallow. — Veuillez me pardonner, Monsieur; si vous venez avec des nouvelles de la cour. Monsieur, vous n'avez que deux méthodes à suivre, ou bien nous les dire, ou bien les taire. Je suis, Monsieur, fonctionnaire du roi et j'ai quelque autorité.
Pistol. — De quel roi? meurt-de-faim. Parle, ou meurs.
Shallow. — Du roi Harry.
Pistol. — Harry le quatrième ou le cinquième?
Shallow. — Harry le quatrième.
LE ROI HENRI IV
Pistol. — Un foutra pour tes fonctions I Sir John, ton tendre agnelet est maintenant roi. Henri V est l'homme. Je dis la vérité. Quand Pistol mentira, fais moi comme cela, fais-moi la ligue comme au vantard espagnol.
Falstaff. — Comment 1 le vieux roi est mort?
Pistol. — Comme un clou dans une porte : les choses que je dis sont exactes.
Falstaff. — En avant, Rardolph : selle mon cheval. Maître Robert Shallow , choisis l'office que tu voudras dans le royaume, il est à toi. Pistol, je t'accablerai sous une double charge de dignités.
Bardolph. — O jour heureux ! je ne voudrais pas échanger ma fortune contre un titre de chevalier.
Pistol. — Eh bien! ai-je porlé de bonnes nouvelles?
Falstaff. — Portez M. Silence au lit. Maître Shallow, Mylord Shallow, sois ce qu'il te plaira, je suis l'intendant de la fortune. Mets tes bottes, nous galoperons toute la nuit. O mon doux Pis- - toi ! — En avant, Bardoph. (Sort Bardoph.) Allons, Pistol, raconte-m'en plus long, et cherche quelque chose cjui pourrait te faire plaisir. — Suffit, suffit, maître Shallow : je sais que le jeune roi soupire après moi. -Prenons les chevaux de n'importe qui ; les lois de l'Angleterre sont à mon commandement. Heureux ceux qui ont été mes amis, et malheur à Mylord le grand juge !
Pistol. — Que de vils vautours s'abattent aussi sur ses poumons ! o Où est la vie qu'autrefois je menais? » disent- ils : eh bien, la voilà. Salut à ces heureux jours ! (Ils sortent.)