‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 147 sur 447 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Entrent des' sf.rgents de police traînant ^'hôtesse QLTCKLY et DOLL TEARSHEET.

L'hôtesse. — Non, fieffé drôle ; je consentirais à mourir si je pouvais te voir pendu; tu m'as démonté l'épaule.

Premier sergent. — Les constables l'ont remise entre mes mains et elle aura sa régalade de coups de fouet, bonne mesure, je le lui promets; il y a eu un homme ou deux de tués récemment chez elle.

Doll. — Argousin, argousin, vous mentez. Avance un peu; je vais te dire ton fait, à toi,

damné coquin à figure de tripes. Si l'enfant dont je suis enceinte maintenant vient avant terme, il vaudrait mieux que -tu eusses frappé ta mère, scélérat à figure de papier mâché!

L'hôtesse. — O Seigneur, si Sir John était venu! il y a quelqu'un qui aurait passé une mauvaise journée ! Mais je. prie Dieu que le fruit de ses enlrailles en vienne avant terme!

Premier sergent. — Si cela arrive, vous compléterez votre douzaine de coussins, vous n'en avez encore que onze. Allons, je vous ordonne de venir toutes deux avec moi; car l'homme que vous avez battu, vous et Pistol, est mort.

Doll. — Je vais te dire ton fait , petit bout d'homme, découpure de chaufferette; je voudrais que vous fussiez solidement fouetté pour cela, coquin de mouchard à habit bleu, ignoble meurtde-faim de valet de bourreau ! Si vous n'êtes pas fouetté, puissé-je ne plus porter de pèlerine.

Premier sergent. — Marchons, marchons, chevalière errante ; marchons.

L'hôtesse. — Oh ! dire que le droit peut ainsi opprimer la puissance ! Bon, de souffrance sort aisance.

Doll. — Marchons, coquins, marchons ; conduisez-moi devant un juge.

L'hôtesse. — Oui, marchons, meurt-de-faim de limier!

Doll. — Bonhomme à tête de mort ! bonhomme squelette !

L'hôtesse. — Brin de poussière que tu es, va!

Doll. — Marchons, bout d'homme! marchons, canaille!

Premier sergent. — Très-bien. {Ils sortent.")

Page 1