‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 195 sur 447 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

Entre LE CHOEUR.

Le choeur. — Que ceux qui n'ont pas lu l'histoire me permettent de les en instruire ; et quant à ceux qui l'ont lue, je les prie humblement d'excuser cet abrégé du temps, des chilfres et de la succession historique des événements qui ne peuvent être ici présentés dans leur vaste et vivante réalité. Maintenant nous transportons le roi à Calais; accordez qu'il y est arrivé ; contemplez-l'y, puis prenez-le sur vos pensées ailées, et faites-lui traverser la mer. Regardez, la plage anglaise borde les flots d'une palissade d'hommes, de femmes, d'enfants, dont les applaudissements et les accla-

mations étouffent la profonde voix de la mer, qui, comme une trompette gigantesque, précède le roi et semble lui préparer le chemin. Faisons-le débarquer et regardons-le solennellement installé à Londres. La pensée va d'un pas si rapide, que cela à peine dit, vous pouvez l'imaginer à Blackheath, où ses Lords ont désiré qu'on fit porter son heaume fendu et son épée tordue devant lui, pendant son passage à travers les rues de la ville : il s'y est opposé, étant exempt de vanité et de glorieux orgueil personnel, donnant à Dieu tous ses trophées, tous ses triomphes, toutes ses gloires. Maintenant, dans la forge active et l'atelier de votre pensée, regardez comme Londres verse à

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