SCENE II
En France. — Des plaines en Anjou.
Entrent CHARLES, LE DUC DE BOURGOGNE, LE DUC D'ALENÇON, LA PUCELLE et leurs forces en marche.
Charles. — Ces nouvelles, Messeigneurs, sont bien faites pour relever nos courages abattus. On
dit que les fiers Parisiens se révoltent et tournent du côté des belliqueux Français.
Le duc d'Alençon. — En ce cas, marchez droit sur Paris, royal Charles de France, et ne laissez pas vos troupes traîner derrière vous à ne rien faire.
La Pucelle. — La paix soit avec eux,- s'ils viennent à nous; sinon, que la ruine renverse leurs palais !
Entre un messager.
Le messager. — Succès à notre vaillant général et bonheur à ses alliés!
Charles. — Quelles nouvelles envoient nos éclaireurs? Parle, je t'en prie.
Le messager. — L'armée anglaise qui était divisée en deux corps, est maintenant réunie en un seul, et se propose de vous présenter immédiatement la bataille.
Charles. — Cet avertissement, Messeigneurs, nous arrive un peu trop soudainement; mais nous allons prendre immédiatement nos mesures contre eux.
Le duc de Bourgogne. — Le fantôme de ïalbot n'est pas avec eux, je pense; maintenant qu'il n'est plus, Monseigneur, vous n'avez rien à craindre.
La Pucelle. — De toutes les basses passions, la crainte est la plus maudite : commande à la victoire, Charles, et elle t'obéira ; que Henri en trépigne et que tout l'univers en pleure!
Charles. — Eh bien donc, en avant, Messeigneurs, et bonheur à la France ! (Ils sortent.)