ACTE V, SCENE III
cliester appelé au cardinalat et installé dans sa dignité ! Je vois bien alors qu'elle sera vérifiée cette prophétie que faisait quelquefois Henri V : « S'il arrive une fois à être cardinal, il fera de son chapeau l'égal de la couronne. »
Le roi Henri. — Messeigneurs les ambassadeurs, vos diverses propositions ont été examinées et discutées. Elles sont justes et raisonnables, et en conséquence nous sommes fermement résolu à rédiger les conditions d'une paix honorable, lesquelles vous seront sans délai portées en France par Milord de Winchester,
Glocestek. — Et pour ce qui est de l'offre de Monseigneur votre maître, j'en ai si pleinement informé Son Altesse, que goûtant fort les vertueuses qualités de la dame, sa beauté, et la valeur de son douaire, il se propose de la faire reine d'Angleterre.
Le roi Henri, à F ambassadeur- . — Et comme preuve et assurance de mon agrément, portez-lui ce joyau, gage de mon affection. — Là-dessus, Milord protecteur, voyez à les faire escorter et conduire en sécurité jusqu'à Douvres, où ils s'embarqueront et où vous les remettrez à la fortune de la mer. (Sortent le roi Henri, Glocester, Exeter et les ambassadeurs .)
Le cardinal Beaufort. — Arrêtez, Monseigneur le légal; vous devez d'abord recevoir la somme d'argent que j'ai promis de faire remettre à Sa Sainteté pour m'avoir revêtu de ce grave costume.
Le légat. — J'attendrai le loisir de Votre Seigneurie. (Il sort.)
Le cardinal Beaufort. — J'espère maintenant que Winchester ne se soumettra plus et ne sera plus inférieur au plus orgueilleux des pairs. Humphroy de Glocester, tu verras bien que l'évêque ne te cède ni en naissance, ni en autorité : je te ferai courber et plier le genou, ou j'abîmerai ce pays dans une révolte. (77 sort.)