‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 263 sur 447 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Londres. — Une rue.

Entrent GLOCESTER et des serviteurs en habits de deuil.

Glocester. — C'est ainsi que le plus beau jour se voile souvent d'un nuage, et qu'à l'été succède toujours le stérile hiver au froid cruellement meurtrier : c'est ainsi que selon la succession des saisons, abondent les chagrins et les joies. Messieurs, quelle heure est-il ?

Un serviteur. — Dix heures, Milord.

Glocester. — C'est l'heure qu'on m'a assignée pour voir passer ma duchesse châtiée ; ses pieds délicats auront bien de la peine à fouler les durs pavés de la rue. Charmante Nell, difficilement ton âme noble supportera de voir le peuple abject qui naguère suivait les roues de ton pompeux carrosse, lorsque tu passais triomphalement dans les rues, te regarder en face, avec des regards haineux et ricanant à ta honte. Mais, silence! je crois qu'elle arrive : je vais préparer mes yeux obscurcis de larmes à contempler ses misères.

Entrent LA DUCHESSE DE GLOCESTER en

chemise blanche, avec un écriteau suspendu au.r épaules, pieds nus, et un cierge allumé à la main; SIR JOHN STANLEY, un shériff et

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