‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 287 sur 447 · ACTE V, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE III

Rentre le jeune CLIFFORD.

Le jeune Clifford. — Si mon cœur n'était tout dévoué aux vengeances futures, j'aimerais mieux proférer des blasphèmes que de vous conseiller de fuir : mais il vous faut fuir : un irréparable découragement règne dans les coeurs de tous ceux de notre parti. Fuyez pour votre sûreté ! et nous, nous vivrons pour voir le jour où ils nous rendront leur victoire d'aujourd'hui. Fuyez, Monseigneur, fuyez ! (Ils sorte?it.)

La campagne près de Saint-Albans.

Alarmes. Retraite. Fanfares. Entrent, tambours battants et drapeaux déployés, YORK, RI- CHARD PLANTAGENET, WARWICK et leurs soldats.

York. — Qui peut me donner des nouvelles de Salisbury, ce vieux lion , qui dans l'entraînement du combat oublie les blessures de l'âge et tous les outrages du temps, mais qui semblable à un brave dans toute la fleur de la jeunesse, rajeunit à la vue du danger ? Cette heureuse journée ne mérite pas ce nom d'heureuse, et nous n'avons pas gagné un seul pouce de terrain, si nous avons perdu Salisbury.

Richard. — Mon noble père, trois fois je l'ai aidé à monter à cheval, trois fois je l'ai couvert, et trois fois je l'ai conduit hors du champ de ba taille, en lui conseillant de ne plus prendre part

à la lutte : mais toujours là où était le danger, toujours je le rencontrais ; comme une riche tapisserie dans une pauvre maison, ainsi se montrait son âme dans son vieux et faible corps. Mais voyez, le voici qui vient, avec toute la noblesse qui le distingue.

Entre SALISBURY.

Salisbury. — Par mon épée, tu as bien combattu aujourd'hui ; et par la messe, ainsi avonsnous tous fait. Je vous remercie, Richard : Dieu sait combien il me reste encore à vivre, et il lui a plu, que trois fois aujourd'hui vous m'ayez défendu contre une mort imminente. Bien, Lords, ne croyons pas posséder ce que nous avons conquis ; ce n'est pas assez d'avoir mis aujourd'hui en fuite nos ennemis, car ce sont des adversaires qui peuvent aisément réparer leurs pertes.

York. — Je sais qu'il importe à notre sûreté de les poursuivre ; car, à ce que j'apprends, le roi s'est enfui à Londres, pour y convoquer sans délai la cour du Parlement. Poursuivons-le, avant que les mandats de convocation soient lancés. Que dit Lord Warwick ? courrons-nous derrière eux?

Warwick. — Derrière eux! non, devant eux si nous pouvons. Par ma main, Lords, c'est une glorieuse journée : la bataille de Saint-Albans, gagnée par le fameux York, sera immortelle dans tous les siècles à venir. Battez, tambours, sonnez, trompettes; marchons tous sur Londres, et puissent nous échoir de nombreuses journées comme celle-là ! (Ils sortent.)

PERSONNAGES DU DRAME

LE ROI HENRI VI

EDOUARD, prince de Galles, son fils.

LOUIS XI, roi de France.

Le duc de SOMERSET, Le duc d'EXETER, Le comte d'OXFORD, l Lords du parti du

Le comte de NORTHUMBERLAND, / roi Henri.

Le comte de WESTMORELAND, LORD CLIFFORD,

RICHARD PLANTAGENET, duc d'York.

EDOUARD, comte des Marches, par la 1 suite le roi Edouard IV, I

GEORGES, par la suite duc de Clarence, \fils du duc d'York. RICHARD, par la suite duc de Glocester, l

EDMOND, COMTE DE RuTLAND,

Le duc de NORFOLK,

Le marquis de MONTAGUE,

Le comte de WARWICK, , ,

t r.T-iiiT.T><->T^u > Lords du parti duDucDioRK.

Le comte de PEMBROKE, ;

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