‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 295 sur 447 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

Une pla

près de la croix de Mortimer dans le Herefordshire.

Tambours. Entrent EDOUARD et RICHARD avec leurs troupes.

Edouard. — Je me demande comment le prince, notre père, aura fait pour s'échapper, ou même s'il aura pu ou non échapper à la poursuite de Clifford et de Northumberland. S'il avait été pris, nous en aurions reçu la nouvelle ; s'il avait été tué, nous en aurions reçu la nouvelle ; s'il s'était ('(happé, il me semble que nous aurions ap-

pris la bonne nouvelle de son heureuse fuite. Comment se trouve mon frère? pourquoi est-il si triste? Richard. — Je ne puis être joyeux, jusqu'à ce que je sache ce qu'est devenu notre trèsvaillant père. Je l'ai vu dans la bataille errer çà et là, et j'ai remarqué comment il cherchait à rencontrer Clifford seul. En le voyant se battre au plus épais des rangs, il me semblait voir un lion dans un troupeau de veaux, ou bien un ours qui, entouré de chiens, en mord quelques-uns, les fait crier, et tient ainsi les autres à distance, aboyant après lui. C'est ainsi que notre père s'est comporté avec ses ennemis ; c'est ainsi que ses ennemis ont fui mon vaillant père : il me semble

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