ACTE II, SCENE I
Ricbard. C'est vous qui Cufford. Oui, et le viei
vez tué le jeune Rutland, n'est-( . York, et je ne suis ]
(Acte II, se. n.)
vingt-cinq mille hommes, alors, Via ! nous marcherons droit sur Londres ; et une fois encore nous enfourcherons nos chevaux, et une fois encore nous crierons : chargez ! en face de nos ennemis ! mais jamais plus on ne nous verra tourner le dos et fuir.
Richard. — Oui, c'est bien incontestablement le grand Warwick que j'entends parler maintenant : que jamais celui-là ne vive pour voir un beau jour, qui criera '. retraite ^ alors que Warwick lui avait ordonné de rester.
Edouard. — Lord Warwick, je m'appuierai sur ton épaule, et si tu tombes (que Dieu éloigne cette heure-là !), puisse Edouard tomber en même temps, malheur qu'il plaise au ciel d'écarter !
Warwick. — O toi qui n'es pas plus longtemps comte des Marches, mais duc d'York, le degré qui vient ensuite est le trône d'Angleterre : roi
d'Angleterre tu seras proclamé dans chaque bourg où nous passerons, et celui qui ne lancera pas son bonnet en l'air de joie, payera sa faute de sa tête. Roi Edouard, vaillant Richard, Montague, ne nous attardons pas plus longtemps à rêver de renommée, mais faisons sonner les trompettes et mettons-nous à notre tâche.
Richard. — Alors, Clifford, ton cœur fût-il aussi dur que l'acier — et tes actes ont montré qu'il était de pierre — je viens pour le percer ou pour te donner le mien.
Edouard. — Alors, battez, tambours; Dieu et saint Georges soient avec nous !
Entre un messager.
Warwick.. — Qu'est-ce ? quelles nouvelles ? Le messager. — Le duc de Norfolk vous envoie dire par moi que la reine s'avance avec une ar-
LE ROI HENRI VI
mée puissante ; et il sollicite votre compagnie pour prendre rapidement conseil.
Warwick.. — Parbleu, cela tombe à merveille : braves guerriers, partons. {Ils sortent.)