‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 317 sur 447 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Une plaine dans le Warwicksbire.

Entrent WARWICK et OXFORD avec des troupes françaises et autres.

Warwick. — Croyez-moi, Milord, tout va bien jusqu'à présent; les gens des communes se rendent par masses autour de nous. Mais voyez, voici venir Somerset et Clarence !

LE ROI HENRI VI

Entrent CLARENCE et SOMERSET.

Wahwick. — Parlez sur-le-champ , Milords , sommes-nous tous amis ?

Clarence. — N'en doutez pas, Milord.

Warwick. — En ce cas, gentil Clarence, soyez le bienvenu auprès de Warwick, et soyez le bienvenu, vous aussi, Somerset : je tiens pour couardise de garder de la défiance lorsqu'un noble cœur offre une main ouverte comme garantie de son amitié; sans cela, je croirais que Clarence, le frère d'Edouard, n'est qu'un feint partisan de nos projets: mais sois le bienvenu, mon doux Clarence; ma fille t'appartiendra. Maintenant qu'avons nous à faire, sinon, pendant que ton frère est campé sans penser à rien, que ses soldats rôdent dans les villes à proximité du camp et qu'il n'est protégé que par une faible garde, de le surprendre et de le saisir à notre plaisir, à la faveur de la nuit? Nos espions ont découvert que cette aventure était très-facile. De même qu'Ulysse et le robuste Diomède se glissèrent avec silence et audace dans les tentes de Rhésus, et en enlevèrent les coursiers fées de Thrace ; ainsi nous, bien couverts par le noir manteau de la nuit, nous pouvons à l'improviste battre la garde d'Edouard et nous emparer de lui; je ne dis pas le tuer, car ma seule intention est de le surprendre. Vous qui consenlez à me suivre dans cette entreprise, acclamez le nom de Henri comme celui de votre chef. [Tous crient Henri !) Maintenant, mettonsnous en route en silence. Dieu et saint Georges pour Warwick et ses amis! [Ils sortent.)

Page 1