‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 330 sur 447 · ACTE V, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE IV

de toutes mes terres, tout ce qui me reste, c'est ce qu'il en faut pour mesurer la longueur de mon corps! Ah! que sont la pompe, le commandement, l'autorité, sinon terre et cendre ? Vivons comme nous pourrons, il faudra toujours mourir.

Entrent OXFORD et SOMERSET.

Somerset. — Ah Warwick, Warwick! Si tu étais dans le même état que nous, nous pourrions nous relever de toutes nos pertes ! la reine a mené de France une force considérable : nous venons d'en apprendre la nouvelle à l'instant. Ah ! que ne peux-tu fuir!

Warwick. — En ce cas, je ne fuirais pas. Ah Montague, doux frère, si tu es là, prends- moi la main, et retiens quelques instants mon âme avec tes lèvres! Tu ne m'aimes pas; car frère, si tu m'aimais, tes larmes auraient lavé ce sang froid et congelé qui colle mes lèvres et m'émpèche de parler. Viens promptement, Montague, ou je suis mort.

Somerset. — Ah Warwick ! Montague a rendu son dernier souffle, et jusqu'au suprême soupir, il a apjjelé Warwick, en disant : « Recommandez-moi à mon vaillant frère. » Il aurait voulu en dire davantage, et il en a dit en effet davantage, mais ses paroles rendaient le son du canon dans un souterrain et ne pouvaient plus être distinguées : à la fin cependant , j'ai pu surprendre ces mots exhalés avec un gémissement: « Oh adieu, Warwick ! »

Warwick.. — Doux repos à son âme ! Fuyez, Lords, et sauvez- vous vous-mêmes; car Warwick vous dit adieu, jusqu'au revoir dans le ciel. {Il meurt,)

Oxford. — Partons, partons; marchons à la rencontre de la grande armée de la reine ! {Ils sottent emportant le corps de Warwick.)

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