‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 331 sur 447 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Une autre partie du champ de bataille.

Fanfares. Entre LE ROI EDOUARD en triomphe, avec CLARENCE, GLOCESTER et autres.

Le roi Edouard. — C'est ainsi que notre fortune s'est à ce point relevée, et que nous voilà parés des lauriers de la victoire. Mais au sein de la brillante lumière de cette journée, j'aperçois un nuage noir, menaçant, et dont il faut se défier, un nuage qui rencontrera notre glorieux soleil,

avant que celui-ci atteigne à l'occident son lit de repos. J'entends par là, Milords, que les forces levées en France par la reine ont débarqué sur nos côtes, et d'après ce qu'on m'apprend, marchent pour nous combattre.

Clarence. — Une petite brise dispersera bientôt ce nuage et le renverra à la source d'où il est venu : les seuls rayons de ton soleil suffiront pour sécher ces vapeurs ; car tous les nuages n'engendrent pas une tempête.

Glocester. — Les forces de la reine sont évaluées à trente mille hommes, et Somerset et Oxford se sont enfuis pour aller la rejoindre. Si elle a le temps de souffler, tenez pour bien assuré que sa faction sera bientôt aussi forte que la nôtre.

Le roi Edouard, — Nous sommes avertis par nos amis dévoués, que les ennemis dirigent leur course vers Tewkesbury. Puisque nous avons l'avantage sur ce champ de bataille de Barnet, nous allons marcher tout droit sur Tewkesbury, car l'énergie de la volonté débarrasse le chemin de tout obstacle, et à mesure que nous marcherons, notre force s'accroîtra dans tous les comtés que nous traverserons. Battez les tambours, criez Courage! et en avant! {Fanfares. Ils sortent.)

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