‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 377 sur 447 · ACTE III, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VII

dans la ligne de la légitimité et de la véritable descendance.

Le lord maire. — Faites cela, mon bon Lord ; vos concitoyens vous en supplient.

Buckingham. — Ne repoussez pas, puissant Lord, ce dévouement qui vient à vous.

Catesby. — O remplissez-les de joie, exaucez leur légitime requête !

Glocester. — Hélas ! Pourquoi voulez- vous entasser sur moi ces soucis ? Je ne suis pas fait pour la puissance et la majesté ; je vous en conjure, ne m'en veuillez pas, si je ne peux ni ne veux vous céder.

Buckingham. — Si vous refusez, ayant par amour et dévouement répugnance à déposer cet enfant, le fils de votre frère, — car nous connaissons bien votre tendresse de cœur, et cette bonté aimable, sensible, presque féminine, que vous avez montrée à notre connaissance à tous vos parents, comme aux gens de toute condition d'ailleurs, — sachez-le bien, soit que notre requête soit acceptée de vous, soit qu'elle ne le soit pas, le fils de votre frère ne sera pourtant jamais notre roi, mais nous installerons quelque autre personne sur le trône, à la disgrâce et à la chute de votre maison. C'est sur cette résolution que nous vous laissons; venez, citoyens: nous ne supplierons pas davantage. [Sortent Buckingham et les citoyens.)

Catesby. — Rappelez-les, mon doux prince, acceptez leur requête; si vous les refusez, tout le pays en gémira.

Glo; ester. — Vous voulez donc me jeter de force dans un monde de soucis 1 Rappelez-les; je

ne suis pas de pierre, mais je suis pénétrable à vos affectueuses sollicitations, bien qu'elles blessent ma conscience et mon âme. [Sort Catesby.)

Rentre BUCKINGHAM avec les citoyens.

Glocester. — Cousin de Buckingham, et vous hommes sages et graves, puisque vous voulez attacher la fortune sur mes épaules, pour me faire porter son poids, que je le veuille ou non, j'aurai la patience d'endurer ce fardeau ; mais si le noir scandale et le reproche à l'odieux aspect sont les conséquences de l'acte que vous m'imposez, votre contrainte suffira pour m'acquitter de toutes les taches d'impureté et de toutes les salissures qu'il entraînera, car Dieu sait, et vous pouvez en partie voir, combien je suis loin de désirer cette charge.

Le lord maire. — Dieu bénisse Votre Grâce ! nous le voyons, et nous le dirons.

Glocester. — En le disant, vous ne direz que la vérité.

Buckingham. — Eh bien, alors je vous salue de ce titre royal : longtemps vive le roi Richard, le digne roi d'Angleterre!

Tous. — Amen.

Buckingham. — Vous plairait-il d'être couronné demain?

Glocester. — Quand il vous plaira, puisque telle est votre volonté.

Buckingham. — Demain donc nous ferons cortège à Votre Grâce ; et maintenant nous prenons notre congé, tous remplis de joie.

Glocester, aux évêques. — Allons, retournons à notre pieux travail. — Adieu, mon cousin; adieu, mes chers amis. [Ils sortent.)

LE ROI RICHARD III

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