‹ Œuvres complètes de ShakespeareChapitre 413 sur 447 · ACTE I, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV

que et viennent de descendre à terre; et ils se rendent ici, comme puissants ambassadeurs de princes étrangers.

Wolsey. — Mon bon Lord Chambellan, allez leur souhaiter la bienvenue ; vous pouvez parler le français; et je vous en prie, recevez-les noblement et conduisez-les en notre présence, où ce paradis plein de beautés brillera à leurs yeux de tout son éclat. — Que quelques-uns d'entre vous l'accompagnent. {Sort le Lord Chambellan, arec une suite. Tous se lèvent et on emporte les tables.) Voilà que notre banquet est interrompu, mais nous réparerons cela. Bonne digestion à vous tous, et une fois encore je verse sur vous une pluie de bienvenues. Soyez tous les bienvenus !

Hautbois. Entrent LE ROI et autres, en habits de bergers, conduits par LE LORD CHAM- BELLAN. Ils passent directement devant le CARDINAL, et le saluent gracieusement.

Wolsey. — Une noble compagnie ! Quel est leur bon plaisir?

Le Lord Chambellan. — Comme ils ne parlent pas anglais, ils nous ont prié de dire à Votre Grâce, que la rumeur leur ayant parlé de la si noble et si belle assemblée qui est ici réunie ce soir, ils n'ont pu faire autrement, par suite du grand respect qu'ils ont pour la beauté, que de laisser leurs troupeaux ; ils sollicitent la permission de contempler ces dames, et sous votre aimable direction de passer avec elles une heure de bon temps.

Wolsey. — Dites-leur, Milord Chambellan, qu'ils ont fait à ma pauvre maison un honneur pour lequel je leur rends mille remerciments, et que je les prie de prendre leurs plaisirs.

Les gentilshommes choisissent les Dames pour la danse. LE ROI choisit ANNE BOLEYN.

Le roi Henri. — C'est la plus belle main que j'aie jamais touchée! O beauté, jusqu'à ce jour je ne t'avais jamais connue. {Musique. Danse.)

Wolsey. — Milord !

Le Lord Chambellan. — Votre Grâce?

Wolsey. — Je vous prie, dites-leur de ma part, qu'il doit y en avoir parmi eux un dont la personne est plus digne de ce siège que moi-même ;

si je connaissais celui-là, je serais prêt à lui céder ce siège en lui présentant toutes mes affections et tous mes devoirs.

Le Lord Chambellan. — Je vais le leur dire, Milord. {Il chuchote avec les mascpies, puis revient.)

Wolsey. — Que disent-ils ?

Le Lord Chambellan. — Ils confessent tous qu'il en est un pareil à celui dont vous parlez ; ils voudraient que Votre Grâce le découvrit, et alors il prendra ce siège.

Wolsey. — Voyons, alors. (7/ descend de son siège.) Avec votre indulgente permission, Messieurs ; — voilà celui que mon choix désigne comme roi.

Le roi Henri, se démasquant. — Vous l'avez découvert, cardinal. Vous tenez ici une belle assemblée; vous faites bien les choses, Milord. Vous êtes ecclésiastique; sans cela, je vous dirais, cardinal, que je vous jugerais méchamment.

Wolsey. — Je suis joyeux que Votre Grâce soit devenue de si plaisante humeur.

Le roi Henri. — Milord Chambellan, avance ici, je t'en prie. Quelle est cette belle dame qui est là?

Le Lord Chambellan. — Plaise à Votre Grâce, c'est la fille de Sir Thomas Boleyn, le vicomte de Rochford, une des Dames de Son Altesse la reine.

Le roi Henri. — Par le ciel, c'est une créature délicieuse. — Mon cher cœur, j'ai été bien impoli en vous quittant sans vous embrasser. — Une santé, Messieurs ! allons, à la ronde.

Wolsey. — Sir Thomas Lovell, le banquet est-il prêt dans la chambre privée?

Lovell. — Oui, Milord.

Wolsey. — Votre Grâce s'est un peu échauffée en dansant, je le crains.

Le roi Henri. — Beaucoup trop, je le crains.

Wtolsey. — Dans l'appartement voisin, il y a un air plus frais, Monseigneur.

Le roi Henri. — Que chacun de vous conduise sa Dame. Mon aimable compagne, je ne dois pas vous quitter encore. Allons, soyons gais : mon bon Lord cardinal, j'ai une demi-douzaine de santés à porter à ces belles Dames, et un tour de danse à faire avec elles, puis nous rêverons à qui est le plus favorisé. Allons, que la musique donne le signal. {Fanfares de trompettes. Ils sortent.)

LE ROI HENRI VIII

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