CD4NA
C'est la dernière; et n'y manquons pas.
(1) Les Romains connaissaient 1m cloches : ils en avaient mémo dans leurs salles de bains pour marquer
Whittaeeb.
2) Cassius . aussi bien que César, était de la secte >, qui n'ajoutait point fol ans présages.
METELLUS
Caïus Ligarius est ulcéré contre César, qui l'a maltraité pour avoir bien parié de Pompée. Je m'étonne qu'aucun de vous n'ait songé à lui.
Va donc, brave Metellus, va le trouver. Il m'est attaché, et je lui ai donné sujet de l'être; envoie-le-moi seulement , je saurai le décider, cassius.
Le jour vient nous surprendre. Nous allons te quitter, Brutus ; et dispersez-vous , amis ; mais souvenez-vous bien de ce que vous avez dit, et montrez-vous tous vrais Romains.
BRUTUS
Nobles amis , prenez un visage riant et serein. Que nos regards ne révèlent pas nos projets. Soutenons notre personnage , comme les acteurs de Rome, avec un esprit libre et un appareil de constance. Et maintenant , jour heureux à tous , et à chacun de vous, (ib tonut; m. •*»*«.) Jeune homme! Luciust II dort en paix! Eh bien! dors. Jouis du sommeil profond dont le baume te pénètre; tu n'as point de ces images, de ces fantômes , que l'active inquiétude figure dans le cerveau des hommes ; aussi dors-tu de ce sommeil ai pur!
(SatraForch.)
POBCIA.
Brutus, monseigneur!
i orcia , quel est votre dessein 7 lever à cette heure? Il n'est pas bon pour votre santé d'exposer ainsi votre complexion délicate à l'air humide et froid du matin.
PORCIA
Il n'est pas meilleur pour la vôtre. Vous vous êtes dérobé de mon lit sans tendresse pour moi , Brutus; et hier au soir à table, vous vous levâtes tout à coup et vous promenâtes long-temps , soupirant et pensif, tenant vos bras croisés ; et quand je vous demandai ce qui vous occupait, vous me fixâtes avec un regard morne. Je vous pressai de nouveau ; alors vous portâtes la main à votre front, et, dans un excès d'impatience, vous frappâtes du pied. Cependant j'insistai encore, vous ne répondîtes point encore; mais avec un geste chagrin et me repoussant de votre main, vous me fîtes signe de vous bisser : je vous laissai, dans la crainte d'irriter cette impatience, qui déjà ne paraissait que
trop allumée; espérant d'aiOeors que ce n'était là qu'un des accès de cette humeur qui de temps à autre prend quelque chose sur la vie de tous les hommes. Cela ne vous laisse ni manger, ni parler, ni dormir; et si ce chagrin changeait autant vos traits qu'il a déjà altéré votre caractère , je ne vous reconnaîtrais plus, Brutus. Mon cher époux, faites-moi la confidente de la cause de
BniTUS.
Je ne me porte pas bien; c'est tout
PORCIA
Brutus est sage, et, s'il se portait mal, il aimerait les moyens de recouvrer sa santé.
BRUTUS
Et c'est ce que je tais. Bonne Porcia , retournez à votre Ut.
PORCIA
Brutus est malade! Est-ce donc un régime salutaire de se promener à demi-vétu, et de respirer les vapeurs humides du matin? Quoi! Brutus est malade , et il se dérobe au repos bienfaisant de son lit , pour affronter les malignes influences de la nuit, et défier un air épais et malsain, qui ne peut qu'aggraver son mal? Non, mon cher Brutus; c'est dans votre ame qu'est le mal dont vous souffrez; et par mon litre auprès de vous, par mes droits légitimes, je dois en être instruite ; et à deux genoux, je vous adjure, au nom de ma beauté, qu'on vantait autrefois ; au nom de tous vos sermens d'amour, de ce serment solennel, qui a fait de nous deux une seule ame en deux corps, de me découvrira moi, qui suis la moitié de vousmême, qui suis vous-même, ce qui vous rend si sombre; et dites-moi quels étaient ceux qui sont venus vous trouver cette nuit , car il est entré ici six ou sept hommes qui cachaient leurs visages à la nuit même.
BRUTUS
Ne vous agenouillez pas , belle Porcia.
PORCIA
Je n'aurais pas besoin de le faire, si vous étiez encore le tendre Brutus. Répondez -moi, Brutus; dans notre contrat nuptial, a-t-il été stipulé que je ne participerais point aux secrets qui vous appartiennent? Ne suis-je une autre vousmême qu'avec des exceptions et des réserves? que pour vous tenir compagnie à table, partager votre couche, et causer quelquefois avec vous? Suis-je reléguée, et n'ai-jc ma place qu'à la porte
CÉSAR
de votre cœur? Ah ! si je n'ai rien de plus, Porcia est la concubine de Brutus, et non pas sou
épouse.
BRUTUS
Vous êtes ma digne épouse , dont je m'honore, et qui m'est aussi chère que les gouttes de qui portent la vie dans mon triste cœur. porcia.
Si cela était vrai, je saurais déjà ce secret. J'avoue que je suis une femme, mais une femme que le noble Brutus a prise pour épouse. J'avoue que je suis une femme , mais une femme digne du nom qu'elle porte, de fille de Caton. Pensez-vous que je ne sois pai pins forte que mon sexe, étant fille d'un tel père, et femme d'un tel époux ? Ditesmoi vos secrets, je ne les révélerai point; j'ai déjà fait sur moi l'épreuve de ma constance, en enfonçant volontairement le fer dans celte cuisse. Si je puis porter celte douleur avec patience, ne pourrai-jc porter les secrets de mon époux ?
O vous, dieux! rendez-moi digne de cette noble épouse. v'Onfrtppo. la porte.) Ecoutez, écoutez, on frappe. —Porcia, rentre un moment, et bientôt ton sein va recevoir tous les secrets de mon cœur; je te développerai tous mes engagemens et le vrai caractère de cette tristesse répandue sur mon front Retire-toi promptement.
(BntttDtLmduilLigariDi.) lP°rCk BRUTUS.
Lucius, qui est-ce qui frappe?
Lucres.
Voici un homme malade qui vous demande un entretien.
C'est Caîus Ligarius, dont Metellus a parlé. Enfant, éloigne-toi. — Eh bien', Caîus Ligarius?
LIGARIUS
Accepte le salut que t'adresse une voix faible.
BRUTUS
Oh ! quel temps as-tu choisi, brave Caîus, pour porter une écharpe? Que je voudrais que tu fusses en santé I
LIGARIUS
Je ne suis plus malade, si Brutus a en main quelque entreprise marquée du nom de l'honneur.
BRUTUS
J'ai en main une entreprise de ce genre , Liga-