‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 136 sur 689 · ACTE Y. SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE Y. SCÈNE V

bres , qui n'ont travaillé que pour atteindre I cette heure, demandent le repos.

(AUrme.)

DES VOIX àl'Utfrinr:

Fuyez, rayez, fuyez!

CLTTC8.

Fnyez , monseigneur, fuyez !

BMJTCS.

Pars, je rais te suivre. Straton, je t'en conjure, reste auprès de ton maître. Tu es un homme d'un bon naturel ; ta vie a laissé dans son cours quelques traces d'honneur : prends donc mon épée , et détourne ton visage, tandis qne je m'élance sur elle. Veux-tu, Straton?

STRATON

Auparavant, donnez-moi votre main. Monseigneur, adieu !

BRUTCS.

Adieu! bon Straton. — César, maintenant apaise-toi. Je ne te tuai pas la moitié d'aussi bon cœur.

(Il m précipite tu ton «pee et meurt.)

Lacitiuetl'arBea.) OCTAVE.

L'esclave de mon chef. — Straton, où est ton maître?

STRATON

Hors des chaînes que tu portes , Messala. Les vainqueurs n'ont plus que le pouvoir de le réduire en cendre. Brutus seul a triomphé de Brutus, et aol autre homme que lui ne s'illustre par sa mort.

LUCIUUS.

Et c'était ainsi qu'on devait trouver

— Je te rends grâces, Brutus : tu as justifié ce que Lucilius avait dit.

OCTAVE

Tous ceux qui servirent Brutus, je les retiens auprès de moi. — Esclave, veux-tu passer avec moi ta vie?

STRATON

Oui , si Messala y consent.

OCTAVE

Ton aveu , digne

mon noble chef est-il mort, Straton?

J'ai tenu son épée, il s'est jeté sur le fer.

MESSALA

Octave, prends donc à ta suite celui qui a rendu le dernier service à mon maître.

De tous les Romains, ce fut là le plus noble. Tous les conspirateurs , hors lui seul , ne firent ce qu'ils ont fait que par jalousie du grand César. Lui seul entra vertueux dans leur ligue ; il n'eut qu'une pensée, le bien et l'intérêt de tous. Sa vie fut calme et pure : les élémens de son être étaient si heureusement combinés , que la nature ver et dire à l'univers : Voila un homme!

OCTAVE

Rendons-lui tout le respect et les devoirs funéraires que mérite sa vertu. Son corps reposera cette nuit dans ma tente , revêtu de tout l'appareil honorable d'un guerrier. Vous, rappelez l'armée sous ses tentes; et nous, allons partager les fruits glorieux de cette heureuse journée.

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