‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 139 sur 689 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

SAMSON et GRÉGOIRE , te«.d.«. •* «v,ic« d-

SAMSON. (2) Grégoire , sur ma parole , on ne me fera pas les injures.

(1) La pièce est précédée d'un prologue de quatorze fers que Lctourneur a passés.

(2) Letourneur a retranché tout ce début , farci de calembours et de jeux de mots , qui portent sur la conwnnance de coati, charbons {carry eoali, expression figurée qui signifie supporter des injures ) ; colliert , charbonniers ; choler, colère ; et eollar, collier. Ces trois der-

se prononcent presque de même en anglais.

GREGOIRE

Non , car alors nous serions des charbonnhrï».

SAMSON

Je veux dire que, si l'on nous fâche, nous dégainerons.

GRÉGOIRE

Oui , pendant qui hors du collier.

SAMSON

La vue d'un de ces chiens de Montaigu me met an champ.

GRÉGOIRE

Se mettre au champ, c'est fuir ; et pour être brave, il faut attendre l'ennemi de pied ferme; mais toi , quand on t'échaufle , tu prends le large.

SAMSON

Tout chien de cette famille me verra toujours l'attendre de pied ferme : je prendrai toujours le haut du pavé sur les gens de la maison de Montaigu , hommes ou femmes.

GRÉGOIRE

Et voilà la preuve que tu es un poltron ; car le plus faible cherche toujours à s'appuyer de la raille.

SAMSON

Oui, hommes ou femmes , peu m'importe.

GRÉGOIRE

Mais la querelle n'e non entre ceux qui, service.

SAMSON

Cela m'est égal; je veux Quand je me serai battu avec les cruel avec les femmes.

GRÉGOIRE

Allons, mon brave, dégaine : voilà quelqu'un de la maison de Montaigu.

(Butant Abraham et B*lthnsar. )

SAMSON

Voilà mon épée tirée. Querelle, je vais t'animer.

GRÉGOIRE

Bon f tu vas tourner le dos et fuir.

SAMSON

Mettons la loi de notre côté; laissons-les attaquer les premiers.

GRÉGOIRE

Pour moi, en passant à côté d'eux, je les regarderai de travers. Ils le prendront mal, s'ils

ROMEO ET JULIETTE

maîtres et , sont à leur

en tyran.

, je serai

SAMSON

Dis plutôt, s'ils l'osent. Moi , je mordrai mon pouce (1) en les fixant, et s'ils le passent sous silence, ce sera un affront pour eux.

ABRAHAM

Mordez-vous votre ponce pour nous narguer,

(1) Gfit« insultant.

Je Uiui us uiuii puuvc , I

ABRAHAM

Est-ce pour nous insulter, monsieur?

SAMSON

Aurons-nous la loi de notre côté, si je réponds

GRÉGOIRE

oui?

Non pas.

Non , ce n'est pas précisément pour vous sulter que je mords mon pouce, monsieur.

GRÉGOIRE

ABRAHAM

Querelle? non.

SAMSON

Si vous cherchez querelle, je suis bon pour vous : je sers un aussi bon maître que vous.

ABRAHAM

Pas un meilleur!

SAMSON

Soit...

GRÉGOIRE

Dis meilleur.... J'aperçois un des parens de mon maître.

(BatraBMTolio.)

SAMSON

Oui, un meilleur maître.

Vous mentez.

SAMSON

L'épée à la main , si vous avez du cœur. — Grégoire, souviens-toi de ta botte secrète.

(IU M b»U«Bt.)

BENVOUO.

Voulez-vous vous séparer, insensés? Remettez vos épées : vous ne savez ce que vous faites.

(RataTrbak.)

TYBALT

Quoi , l'épée à la main parmi ces hommes sans honneur? Tourne-toi, Benvolio, et vois ta mort.

RENVOLIO.

Je ne veux que mettre la paix ici. Remets ton épée, ou sers-t'en pour m'aider à séparer ces hommes.

TYBALT

Quoi , l'épée nue ! El tu parles de paix? Je bais ce mot, comme je hais l'enfer, tous les Montaigu et toi : défends-toi, lâche.

Page 1