CORK) UN
tateurs de tontes classes, qui n'ont qu'un objet, voir Marcius. Les prêtres solitaires de Jupiter même ont quitté leur retraite ; et , confondus arec la multitudr,ilss'agitent, et se pressent pour gagner une place commode. Les dames exposent les lis et les roses de leurs joues délicates, et livrent nus les charmes de leur visage aux brùlans baisers de Pbœbus , qui flétrit et dévore leurs grâces. C'est un bruit, un tumulte autour de lui ! On dirait qu'un dieu semble recelé dans sa personne, et répande sur ses traits et dans sa démarche la majesté d'un immortel.
SICIMCS.
Je vous le garantis consul dans l'instant même.
BRUITS
Notre puissance , en ce cas , tant que durera son autorité, peut se reposer à loisir.
Il ne connaîtra jamais, dans les honneurs, celte modération qui sait le terme d'où il faut partir, et celui où il faut s'arrêter : il perdra tout ce qu'il a gagné.
BRL'TUS.
C'est là l'espérance qui nous consolp.
SICINIDS.
N'en doutez pas. Le peuple , dont nous sommes l'appui , toujours plein d'inconstance et de malice, oubliera, à la plus légère occasion, tous les nouveaux honneurs qu'on lui rend aujourd'hui ; et lui-même il s'en dépouillera ; je n'en doute pas plus que de son orgueil qui s'en fera gloire.
BRtTlS.
Je l'ai entendu jurer que , s'il briguait le con sulat, jamais il ne consentirait à paraître dans la place publique couvert de l'humble manteau des candidats ; qu'il dédaignerait l'usage de montrer aux plébéiens ses blessures , pour mendier (disaitil) les suffrages de leurs voix empestées.
S1CIMUS.
C'est la vérité.
BRLTL'S.
Ce sont ses propres termes. Oh ! il renoncera plutôt à cette dignité , que de ne la pas devoir uniquement aux suffrages des chevaliers romains et aux vœux du sénat.
SICINIL'S.
Qu'il persiste dans cette résolution , qu'il l'exécute , et je n'en désire pas davantage.
BRITLS.
U est vraisemblable qu'il le fera.
SICIMCS.
Alors, tout ce que nous lui souhaitons, arrivera; sa ruine sera inévitable.
BRCTt'S.
Il faut le perdre , ou nous perdrons notre autorité. Pour arriver à nos fins, ne nous lassons pas de représenter au peuple quelle haine Marti us a toujours nourrie coutre lui ; comme il a fait tous ses efforts pour appesantir le joug sur lui , pour imposer silence à ses défenseurs , pour le dépouiller de ses plus chors privilèges ; quel mépris il a pour leur espèce , à qui il refuse la raison et les facultés humaines, et qui, à ses yeux, ne lient pas un rang plus honorable dans l'univers que ces chameaux qu'on entraîne à la guerre, qui ne reçoivent leur nourriture que pour porter des fardeaux , et qui sont maltraités de coups quand ils succombent sous le poids.
SICLMUS.
Ces idées inspirées, comme vous dites, dans une occasion favorable, lorsque son insolence s'échappera jusqu'à offenser le peuple , enflammeront le courroux de la multitude, et allumeront un noir incendie qui ternira pour jamais la gloire de Marcius, comme une étincelle qui tombe sur ta bruyère. L'occasion ne nous manquera pas, pourvu qu'on l'irrite : le chien , au sigue du berger, n'est pas plus prompt à aboyer contre le troupeau.
(Bnlre un mmager.)
Bii uns.
De quoi s'agit-il î
LE MESSAGER
On désire votre présence au Capitolc. On croit que Marcius sera consul. J'ai vu les muets se presser en foule pour le voir, et les aveugles attentifs à ses paroles. Nos dames romaines jetaient leurs gants sur son passage. Nos jeunes beautés faisaient voler vers lui leurs écharpes et leurs voiles ; les nobles se prosternaient devant ses pas comme devant la statue de Jupiter, et autour de lui tombaient une nuée de bonnets de plébéiens. Leurs acclamations perçantes imitent les éclats du tonnerre. Jamais je n'ai rien vu de semblable.
BRCTUS.
Allons au Capitolc ; portons-y pour le moment des yeux et dos oreilles : gardons nos cœurs pour l'événement.
SJCIN1LS.
Tenez-vous sur vos gardes.
lli* toruail