ACTE II, SCENE I
bras se lève, retombe, et les ennemis de Rome
(P«nfare». Le» trompettes serment. Entrent le gcnérâl Corninia» et Tilt* Larliw; CorioUn rat m mil les d'eei, le front ceint d'une couronne de eheae; l*»eta*û de Fermée et le» soldat» le ■Dirent : an bérmat le précède.)
LE HÉRAUT
Apprends, 6 Rome ! que Marcius a combattu seul contre une Tille entière, enfermé dans les murs de Corioles, et qu'avec la gloire il y a gagné uq surnom ajouté au nom de Caïus Marcius. Entrez en triomphe dans Rome , illustre Coriolan !
TOCS ENSEMBLE.
Entrez en triomphe dans Rome, illustre Coriolan !
CORIOLAN
je vous prie, cessez.
COMINIUS
Voyez, seigneur, votre
CORIOLAN
Oh ! je le sais , vous avez imploré tous les dieux pour la prospérité de mes armes.
(llie met à genoni.) YOLUMNTE.
Oui , mon brave soldat. Lève-toi , lève-toi , mon cher Marcius, mon vaillant Caïus, et encore un surnom nouveau qui comble l'honneur de tes exploits ! Oui , Coriolan : n'est-ce pas le nom qu'il faut que je te donne ? Mais vois ton
CORIOLAN
O toi , dans ton silence plein de grâces... chère épouse! salut! Quoi! aurais-tu donc ri, si tu m'avais vu rapporté dans un cercueil, toi qui pleures à mon triomphe. Ah ! ma chère , ces yeux en larmes sont pour les veuves de Corioles et les mères qui ont perdu leurs
Ami , que les dieux te couronnent !
CORIOLAN
Ah! vous vivez encore? ( a Valérie.) Aimable dame, pardonnez.
VOLUMN1E.
Je ne sais de quel coté me tourner. — O mon fils ! sois le bien-venu dans ta patrie ; et vous aussi, général; soyez les bien-venus.
MENEN1U5.
Mille et mille saluts d'allégresse! Je suis prêt à
pleurer et à rire. Aussi mon cœur est tout à la fois léger et gai , serré et plein. — O ami ! vois ma joie. Malédiction irrévocable sur le cœur de celui qui n'est pas joyeux de te voir ! Vous êtes trois que Rome doit adorer ; mais j'en atteste tous les yeux , nous avons ici quelques vieux troncs dégénérés ; rien ne peut corriger leur nature sauvage , et ils ne porteront jamais que des fruits amers pour vous. N'importe : gloire à vous , braves généraux. Une ortie ne sera jamais qu'une ortie , et les fautes des fous seront toujours folie.
COMINILS. Toujours sentencieux.
CORIOLAN
Toujours Mcncnius, toujours le même.
LE HÉRAUT
Faites place : avancez.
CORIOLAN » m mère et a m femme.
Donnez-moi votre main , et vous la vôtre. Avant que je puisse me dérober a cet éclat importun , et me sauver dans l'ombre de nos foyers, mou devoir m'oblige à visiter nos bons patriciens , de qui j'ai reçu mille félicitations, accompagnées d'une foule d'honneurs.
TOLUMME.
J'ai assez vécu pour voir mes vœux accomplis, et réaliser les songes brillans que j'avais formés dans mon imagination. Une seule chose manque a mes désirs, et je ue doute pas que Rome ne te l'accorde.
CORIOLAN
Sachez, 0 tendre mère , que j'aime mieux obéir aux Romains , et les servir à mon gré , que de leur commander selon leur goût.
COJDNIUS.
Allons au Capitole.
(Acclamât tout, bruit de cor»; ilt «ortent en pompe comme ile •ont entre».) (Brou» et Siciaiu ('avancent.)
BRUTES
Son nom est dans toutes les bouches; les vieil lards, pour le voir, empruntent les jeux de l'art; la nourrice babillarde, tout occupée de jaser de lui , n'entend plus les cris désespérés de son nourrisson; la plus maussade cuisinière songe à sa parure, arrange son plus beau mouchoir sur sa gorge enfumée , et court gravir sur les murs pour le regarder. On se presse sur les échopes, dans les boutiques, aux fenêtres; les toits sont couverts de peuple , et chargés d'une foule variée de spec-