I.KS |>KUX TRIBUNS
Adieu , adieu.
(Lot citoyen* uirtonl) SICIMUS.
Ce temps est plus heureux , pins gracieux pour nous, que lorsque ces gens couraient dans les
: séditieux.
BRUTUS
Caïus Marcius était un bon général dans la guerre; 'mais insolent, bouflî d'orgueil, ambitieux au delà de toute imagination, n'aimant que lui.
SICIMUS.
Et aspirant à régner seul, sans partage ni conseil.
MKMLMUS.
Je ue suis pas de votre avis.
SICIMUS.
Nous en aurions fait tous la triste expérience, à notre grand malheur, s'U fut monté au consulat.
RRUTIS.
Les dieux ont heureusement prévenu ce danger, et Home est en paix et en sûreté sans lui.
(Entre un cdile.]
l'édile.
Honorables tribuns , un esclave que nous venons de faire conduire en prison, a rapporté que les Volsques, avec deux, armées séparées, sont entrés sur le trrriloire de Home; qu'ils exercent toutes les fureurs, de la guerre, et qu'ils, détruisent touUsur leur passage..
MENEMUS.
C'est AuGdfus qui , ayant appris le bannissement de notre Marcius, ose remontrer sa téte dans la plaine; il.se tenait invisible et caché lorsque Marcius défendait. Rome, et il n'osait lever les yeux hors de son asile.
SICIMUS.
Que dites-vous de Marcius?
BRUTUS
Allez, et faites fustiger ce porteur de nouvelles; il n'est pas possible que les Volsques aient, l'audace de rompre la paix.
MKMvMl'S»
Cela n'est pas possible ? Nous avons de quoi nous* souvenir que cela est très possible ; et j'en ai vu , moi , dans l'espace de ma vie , trois exemples consécutifs. Mais, du moins, interrogez a fond cet esclave avant de le punir ; sachez de lui d'où A tient cette nouvelle, et ne vous exposez pas à étouffer la voix salutaire qui vous instruit, et à maltraiter le messager qui vient vous avertir du danger qui vous menace.
SICIMUS.
Ne m'en parlez pas; moi cela est impossible.
BRUTUS
Non , cela ne se peut pas.
(Entre nn i LK MESSAGER.
Les nobles, d'un air très sérieux et très empressé, vont tous au sénat : il est arrivé quelque nouvelle qui a altéré leurs visages.
CORIOLAN
SICINlliS.
Ce sera cet esclave t — Allez, vous dis-jc, et faites-le battre de verges devant le peuple assemblé. Une nouvelle de son invention ! — Ce u'est pas autre sujet que son rapport.
LE MESSAGER
Oui , digne tribun , c'est le rapport de l'esclave, mais appuyé par d'autres avis plus terribles encore que le sien.
SICIMCS.
Et quels antres avis encore plus terribles?
LE MESSAGER
Plusieurs voix ont dit, et tout liant (à que) point le fait est probable , je n'en sais rien) , que Marcius, ligué avec Aufidius, conduit une armée contre Rome , et qu'il a fait serment d'exercer une vengeance qui enveloppera tout , depuis l'enfant au berceau jusqu'au vieillard infirme.
S1CLMUS.
Oui , il y a bien de la vraisemblance!
BRUTES
C'est une fansse rumeur, élevée à dessein de faire désirer à son faible parti le retour de leur cher Marcius dans Rome.
SICINIUS.
Oui, c'est une ruse.
MEXENICS.
Il est vrai que ce second avis n'est pas vraisemblable. Aufidius et lui ne peuvent pas plus s'accorder ensemble que les deux contraires les plus
(Entra un second meiMger.) LE MESSAGER.
Vous Ctes mandés par le sénat. Une armée redoutable, conduite par Caïus Marcius ligué avec Aufidius, ravage nos territoires; ils ont déjà tout renversé sur leur passage ; ils brûlent ou emmènent tout ce qu'ils rcncontreut devant eux.
( Entre Corainiu*.)
COMINICS.
Vous avez fait là un beau chef-d'œuvre !
MENENIUS.
Quelles nouvelles? quelles nouvelles?
COMINICS.
Vous vous y êtes bien pris pour faire ravir vos filles, écrouler les toits de la ville sur vos tûtes, et déshonorer vos femmes à vos yeux !