ACTE V
MENENIUS.
Mes braves amis, si voos avez entendu votre général parler de Rome et des amis qu'il y conserve , il y a mille à parier contre un que , dans ses récits, moi» nom aura frappé voire oreille. Mon nom est Uenenius.
PREMIER SOLDAT
Soit ! rebroussez chemin ; votre nom n'aura pas le pouvoir de vous faire passer ici.
MENENIUS.
Je le dis, sentinelle , que ton général est mon intime ami : j'ai été pour ainsi dire le livre quia publié toutes ses belles actions, et qui a déployé aux yeux des hommes toute l'étendue de sa renommée sans rivale. Toujours je Taisais de lui auprès de mes amis , dont il est le premier, de magnifiques récits , poussés jusqu'au dernier degré où finit la vérité , et quelquefois même il m'est arrivé, comme à la bille qui roule sur un plan glissant, de me voir emporté par mon amitié au delà du but: et j'ai presque imprimé, par excès de zèle , le mensonge sur sa louange. Tu vois , mon ami , que tu ne risques rien de me permettre l'entrée de gon camp.
PREMIER SOLDAT
Par ma foi ! seigneur, quand vous auriez débité en sa faveur autant de mensonges que vous avez déjà dit de paroles, vous ne passeriez pas encore. Ainsi , retournez sur vos pas.
MENENIUS.
Je te prie, mon ami, souviens-toi bien que mon nom est Mcnenius, le partisan fidèle cl déclaré de ton général.
SECOND SOLDAT
Quelque déterminé menteur que vous ayez pu é'.re à sa louange, comme vous tous vantez de l'avoir été, je suis un homme, moi, qui vous dirai la vérité sous ses ordres , et en conséquence , que vous uc passerez pas. Reprenez votre chemin.
MENEMU*.
A-t-il pris son repas T Pouvez-vous me le dire? Car je ne veux lui parler qu'après?
PREMIER SOI.DAT
Tous êtes un Romaiu , dites-vous?
MENENIUS.
Je le suis , comme l'est ton général.
PREMIER SOLDAT
Vous devez doue haïr Rome comme il h hait.