GAI NT
Eh bien ! Henri , quoi ? L'obéissance le le commande. Je ne devrais pas le ré|>étcr deux fois.
RICHARD
Allons, Norfolk, nous l'ordonnons; point de réplique. Jette son gage.
MOWRRAY.
C'est moi, redouté souverain, que je jette à tes pieds. Tu pourras disposer de ma vie , mais non |«s de ma honte. Mon devoir le soumet l'une ; mais mon beau nom , qui , en dépit de la mort , vivra sur mon tombeau, tu ne l'auras pas pour l'avilir et le déshonorer. Je suis accusé, flétri et insulté ici, percé jusqu'au carnr du trait empoisonné de la calomnie ; il n'est point d'autre baume qui puisse guérir ma plaie, que le sang du cœur de celui dont la bouche en a exhalé le venin.
RICHARD
Il faudra bien que cette rage se contienne. Donne-moi son gage. Les lions apprivoisent les léopards (1).
MOWRRAY.
Oui , mais ils ne peuvent effacer leurs taches. Efface mon déshonneur, et je cède mon gage. Mon cher et bien-aimé matlrc , le trésor le plus pur que puisse donner cette vie mortelle , c'est une réputation sans tache. Otez ce bien , les hommes ne sont plus qu'une terre dorée, une aigilc peinte. Le diamant précieux enfermé sous les dix verrous d'un coffre-fort, c'est le courage dans un coeur loyal. Mon honneur est ma vie. Tous deux ne f«:nl qu'un. Si vous m'ôlez l'honneur, je n'ai plus de vie. Ainsi , mon cher souverain , laissezmoi défendre mon honneur ; c'est par lui que je vis , cl je mourrai pour lui.
(1) C éloii nl le» armes des deux famillei,
RICtlARD.
Cousin , jetez votre gage : commencez-vous T
ROM.NGOROKE.
Que le ciel préserve mon ame d'une bassesse aussi honteuse ! Paraîtrai-je le front humilié à la vue de mon père , et démentirai-jc ma fierté par le visage pâle d'un suppliant devant ce lâche que j'ai bravé? Avant que ma langue outrage mou honneur par cette lâcheté , et profère une rétractation aussi ignominieuse , mes dents déchireront le servile instrument de la crainte qui se dément , et le cracheront sanglant au front de cet homme où siège la honte, à la face de Mowbray.
( Gaaat tort.)
RICHARD
Nous ne sommes jws nés pour demander des grâces, mais pour donner des ordres. Puisque nous ne pouvons pas vous commander d'élrc amis, songez à vous rendre , ou vos téles m'en répondront, à Coventry le jour de Saint-Lambert. C'est là que vos épées et vos lances décideront la querelle aigrie de votre haine obstinée. Puisque nous ne pouvons pas vous réconcilier, vous verrez la justice décider l'honneur du vainqueur. — Lord maréchal , ordonnez à nos officiers d'être en armes et de se tenir prêts pour diriger celte guerre domestique.
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Il PiliM BU »UC SI Li«CUTII.
En«r.m GAfJN'f « LA DUCHESSE DE CLO- CESTER.