‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 267 sur 689 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

d'Hereford 1 Adieu , Gaunt. Celle qui fut quelque temps la femme de ton frère n'a plus d'autre société que la douleur , avec laquelle il lui faut finir ses jours.

GAUNT

Adieu , ma sœur ; il faut que je me rende à Coventry. Puisse-t-il rester avec vous autant de consolation que j'en apporte avec moi !

LA DUCHESSE

Hé ! un mot encore! La douleur, quand elle est profonde et vraie, est un poids qui ne tombe que pour rejaillir : à peine sortie du cœur, elle y rentre aussitôt. Je prends congé de toi avant que je t'aie encore rien dit ; car la douleur croit avoir fini , qu'elle n'a pas encore commencé. — Recommande-moi à mon frère Edmond York.... Oui, voilà tout, je crois.... Eh ! non , ne me quitte pas encore : quoique je t'aie tout dit , ne me quitte pas si vite.... Je m'en rappellerai encore.... Dislui... Ciel ! quoi? Dis-lui de se hâter de venir me visiter à Plashy... Hélas ! que vicndra-t-il y voir, ce bon vieillard, que des appartemens déserts, des murailles nues et dépouillées , des emplois vacans, des salles dépeuplées et dont le pavé n'offre plus aucun vestige humain ? Et quel autre salut reccvra-t-il à son arrivée que mes gémissemens ? Non , contente-toi de me recommander à lui.... Qu'il ne vienne pas ici chercher la tristesse qui remplit ces lieux ; et moi, désolée, désespérée, je veux les quitter aussi.... et mourir. Mes yeux en pleurs te disent le dernier adieu.

(lUwrteol.)

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