‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 268 sur 689 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

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Entrent LE LORD MARÉCHAL * AUMERLE.

LE MARECHAL

M y lord Aumcrle, Henri d'Hereford est-il arrivé ?

AUMERLE

Oui , armé de toutes pièces, et il brûle d'entrer dans la lice.

IX MARÉCHAL

Le duc de Norfolk, plein d'allégresse et d'audace, n'attend que le signal de la trompette de l'appclanL

RICHARD D

AIMERLE.

Ainsi les dent champions soot tout préu , cl Ton n'attend plus que l'arrivée de sa majesté.

( Fanfare*. Lit trompallci tonnent. Le roi entre «tcc Gaunl, Besay. Begol et autre». Quand iti «ml aie*, eotre le duc de Norfolk, arme de pied en cap.)

LE ROI

Maréchal , demandez à ce champion son nom , et le sujet qui l'amène ici couvert de ses armes. Procédez par ordre, et faites-lui jurer la justice de sa cause.

LE MARÉCHAL a Mowbray.

Au nom de Dieu et du roi , dis qui tu es et pourquoi tu viens ainsi armé en chevalier; contre qui viens-tu combattre, et quelle est ta querelle? Réponds la vérité , sur ta foi de chevalier et sur ton serment ; et après, que le ciel et ta valeur te défendent!

MOWBRAY

Mon nom est Thomas Mowbray, duc de Norfolk. Je viens ici, engagé par mon serment (que le ciel préserve un chevalier de le violer jamais !). — J'y viens défendre ma loyauté et ma fidélité envers Dieu , mon roi et sa postérité , contre le duc d'Hereford, qui est l'appelant ; et par la grâce de Dieu et le secours de ce bras, je viens lui prouver, à ma justification , que c'est lui qui est traître à mon Dieu , à mon prince et à moi. Que le ciel me défende , comme la cause qui me fait combattre est juste !

(Le* ironpeitea tonnent. Entre Bolingbrote, rappelant, armé de pied en eap.)

LE ROI

Maréchal , demande à ce chevalier qui s'avance armé, qui il est, et pourquoi il vient ici vétu de ses habits de guerre; et, conformément à nos lois, fais-lui rendre témoignage dans les formes sur la justice de sa cause.

LE MARÉCHAL

Quel est ton nom , et pourquoi parais-tu ici devant le roi Richard , dans sa lice royale ? Contre qui viens-tu, et quelle est ta querelle? Réponds comme un loyal chevalier, et que le ciel te défende I

B0L1NGBR0KE.

Je suis Henri d'Hereford, de Lancastre et de Derby, et je suis ici armé pour prouver, si je suis secondé de Dieu et de ma valeur personnelle, à Thomas Mowbray, duc de Norfolk, qu'il est un vil et dangereux traître au Dieu des cicux, au roi

Richard et à moi ; qne le ciel me défende, comme je combats pour la vérité 1

LE MARECHAL

Sous peine de mort , que personne n'ait la hardiesse et l'insolence (1) de toucher seulement les barrières de la lice, excepté le maréchal et les officiers chargés de présider à ces nobles combats. BOLTNGBROKE.

Lord maréchal, permets que je baise les mains de mon souverain, et que je fléchisse le genou devant sa majesté ; car Mowbray et moi nous ressemblons ici à deux hommes qui font voeu d'accomplir un long pèlerinage : prenons donc solennellement congé de nos nombreux amis, et recevons l'adieu de leur tendresse.

LE MARÉCHAL au roi Richard.

L'appelant salue respectueusement votre majesté ; il désire vous baiser la main et prendre congé de vous.

LE ROI

Nous voulons descendre et le serrer dans nos bras. — Cousin d'Hereford , que ta fortune réponde à la justice de ta «use , dans ce combat royal ! Adieu, mon sang ; si tu le répands aujourd'hui , nous pouvons pleurer ta mort , mais non te venger.

BOLTNGBROKE.

Qu'aucun de ces illustres témoins ne profane une larme pour moi , si mon sang est versé par la lance de mon adversaire. Avec la confiance d'un faucon qui fond sur un oiseau , je cours combattre Mowbray. — Mon cher souverain, je prends congé de vous, et de vous, lord Aumerle , mon noble cousin ; j'ai affaire avec la mort; mais je ne suis pas un malade languissant et faible. Je suis jeune, plein de vigueur, et je respire la vie avec force. ( a Gaont. ) Et , en cet instant, comme aux fêtes anglaises, où l'on garde la santé la plus chère pour le dernier salut, afin de finir la féte par ce qu'il y a de plus doux , ô toi, auteur terrestre de mon sang , dont les esprits régénérés en moi m'élèvent avec force pour atteindre la couronne que me montre la victoire au-dessus de ma tète, rends, par tes prières, mon armure impénétrable; aiguise, par ta bénédiction, la pointe de ma lance,

(1) Il était défendu . sons peine de de quatre pieds des barrière» , ni de prononcer aucun mot. de faire aucun signe ou geste, dont aucun de* champions pût tirer avantage.

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