‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 285 sur 689 · BERKLEY · texte numérisé non relu

BERKLEY

Milord d'Hereford, c'est à vous que s'adresse mon message.

BOUNGBROKE.

Milord Je ne réponds qu'au nom de Lan castre, et je suis venu chercher ce nom en Angleterre. 11 faut que je le trouve dans votre bouche, avant que je réponde , quel que soit votre message.

Ne m'interprétez pas mal , milord ; ce n'est pas mon intention d'effacer aucun de vos titres d'hon- » nenr. — C'est vers vous, milord (avec le titre que vous voudrez), que je viens de la part du premier Jurd de ce royaume, de la part du duc d'York : il

demande ce qui vous excite à vous prévaloir de l'absence du roi pour effrayer notre patrie et la paix avec des armes forgées dans son sein.

(Entra Tort avec M eortegB.) BOUNGBROKE.

Je n'aurai pas besoin de transmettre ma réponse par votre bouche : voilà sa grâce en personne. — Mon noble oncle !

(lU-.gno.llle.)

YORK

Montre-moi un cœur humble et soumis, plutôt que ces genoux fléchis, dont le respect est faux et trompeur.

BOUNGBROKE.

Mon gracieux oncle!...

YORK

Cesse, cesse; ne me gratifie pas du titre de grâce, ni de celui d'oncUs : je ne suis point l'oncle d'un traître , et ce titre de grâce , dans ta bouche coupable , est un titre profané. Dis, pourquoi les pieds d'un banni, d'un proscrit, ont-ils osé toucher le sol de cette terre? Et, plus encore , pourquoi ont-ils osé traverser l'espace de tant de milles sur son sein paisible , et effrayer ses hameaux consternés par l'appareil de la guerre et le spectacle menaçant de ces armes, que je méprise? Viens-tu parce que le roi légitime et consacré au pied des autels est absent de ces lieux? Sais-tu , jeune insensé , que le roi est présent dans ma personne, et que son autorité réside en j moi? Ah! si je possédais encore ma bouillante jeunesse , comme au temps où le brave Gaunt , ton père, et moi, nous sauvâmes le prince Noir, ce jeune Mars parmi les mortels , des rangs pressés de milliers de Français ; oh ! que ce bras , que la paralysie retient captif, t'aurait bientôt puni et châtié pour celte offense!

BOUNGBROKE.

Mon gracieux oncle , daignez me la faire connaître. Où est ma faute, et quelle est sa gravité?

YORK

Elle est des plus énormes. — Une révolte ouverte et uue trahison détestable ! Tu es un sujet banni; et tu reviens ici, avant l'expiration du terme de ton exil , bravant ton souverain les armes à la main?

BOUNGBROKE.

Lorsque je fus banni , ce fut d'Hereford qui le fut; et lorsque je reviens, je reviens sous le titrw

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