‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 286 sur 689 · ACTE II, SCÈIVE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈIVE IV

do Lancastre. Et, mon digne oncle, j'en conjure votre grâce, examinez mes torts d'an œil impartial Vous êtes mon père, car il me semble que je toîs revivre en vous le vénérable Gaunt. Vous donc, mon père, sonffrirez-vous que je reste condamné au sort d'un malheureux errant par le monde? que mes droits et mon royal héritage soient arrachés de mes mains par la violence , et abandonnés à des hommes de néant tout nouvellement sortis de la poussière? Si le roi, mon cousin, est roi légitime de l'Angleterre , on ne peut nier qu'en vertu du même droit je suis duc de Lancastre. Tous avez un fils, Aumerle, mon noble parent : si vous étiez mort le premier , et que lui eût été foulé aux pieds comme moi, il aurait retrouvé dans son oncle Gaunt un père , qui aurait pris sa cause en main , et l'aurait suivie jusqu'à une satisfaction entière. On m'interdit la réclamation du patrimoine qui m'appartient ici , et cependant j'y suis autorisé par mes titres authentiques. Tous les biens de mon père sont saisis et vendus, et ces biens, comme tous les autres, sont tous mal employés! Que vouliez-vous que je fisse? Je suis un sujet, et je réclame la loi; on me refuse des défenseurs pour plaider ma cause : alors je viens moi-même réclamer en personne mon héritage , qui m'est transmis par une succession légitime.

NORTHUMBERLAND

Le noble dnc a été trop indignement traité.

ROSS

Il dépend de votre grâce de lui rendre justice.

WUXOUGHBY.

De viles créatures sont devenues de grands personnages , élevées sur sa ruine.

YORK

Lords d'Angleterre , laissez-moi tous parler. — J'ai vivement» ressenti les outrages faits à mon cousin , et j'ai employé tous mes efforts pour lui faire rendre justice; mais de venir avec cette audace , les armes à la main , s'ériger son propre vengeur, et se frayer soi-même le chemin à ses droits par une voie criminelle... cela ne peut pas se tolérer. Et vous, qui l'entraînez ainsi dans le crime , vous favorisez la révolte , et vous êtes tous des rebelles.

NOBTHCMBERLAND.

Le noble duc a fait serment qu'il ne revenait que pour revendiquer ses droits : sa cause est si

juste, que nous avons tous solennellement juré de lui prêter notre secours ; et que celui de nous qui violera son serment ne goûte jamais de bonheur 1

YORK

Allons, je vois quelle sera l'issue de cette révolte. Je n'y puis rien faire , il faut que je le confesse : mon pouvoir est trop faible, et tout m'a été laissé dans un état déplorable. Si j'avais la force en main, j'en jure par celui qui m'a donné la vie , je vous ferais tous arrêter , et je vous forcerais de tomber à genoux aux pieds du roi , et de vous abandonner à sa miséricorde ; mais puisque le pouvoir me manque, je vous déclare que je reste neutre. C'est ainsi que je vous quitte. — A moins qu'il ne vous plaise d'entrer dans le château, et d'y prendre du repos cette nuit

BOUNGRROKE.

Oncle, c'est une oflre que nous accepterons volontiers ; mais il faut que votre grâce nous accorde de venir avec nous au château de Bristol, qu'on dit occupé par Bushy, Bagot et leurs complices, ces viles sangsues de l'état, que j'ai fait serment d'écraser, et dont je veux purger l'Angleterre.

YORK

Il pourra se faire que je vous accompagne. — Mais, non , je resterai ; car j'ai de la répugnance à enfreindre les lois de notre patrie. Je ne vous reçois ni comme amis ni comme ennemis : les maux qui sont sans remède ne sont plus aujourd'hui l'objet de mes soins.

(U.MrtMU.)

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