‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 368 sur 689 · ACTE V, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV

MACBETH

Ole ton visage de devant mes yeux. — Seyton ! — Je me sens le cœur malade quanti je vois...— Seyton, dis-je ! — Cet assaut va «'affermir pour toujours, ou me perdre en ce moment. — J'ai assez vécu. Ma vie , dans son déclin , est déjà flétrie, comme la feuille jaunie de l'automne ; et tout ce qui devrait accompagner la vieillesse , comme l'honneur, l'amour, l'obéissance, les cortèges d'amis, je ne dois pas y prétendre : à leur place, ce seront des malédictions à voix basse , des hommages de bouche, un vain son de paroles , que le co?ur souffrant voudrait, mais n'ose refuser. — Seyton !

(Entre Sejion.}

SEYTON

Quels sont les ordres de votre majesté î

MACBETH

Quelles nouvelles y a-t-il encore!

SEYTON

Toutes sont confirmées, monseigneur; tout ce qu'on vous a annoncé.

MACBETH

Je combattrai jusqu'à ce que ma chair hachée laisse mes os à nu. — Donne-moi mon armure.

SEYTON

Vous n'en avez pas encore besoin.

MACBETH

Je veux m'en revêtir. Fais préparer plus de chevaux ; parcours le pays, fais pendre ceux qui parleront de crainte. Donne-moi mon armure.— Comment va votre malade, docteur?

IJi MÉDECIN.

Elle n'est pas tant malade de corps, monseigneur, qu'elle est obsédée d'imaginations qui se succèdent dans sa tête, et qui la privent du sommeil.

MACBETH

Guéris-la de ce mal. Ne peux-tu donc guérir une ame malade , arracher de la mémoire un chagrin qui y est enraciné, effacer du cerveau les traces qui y sont imprimées ; et par la vertu de quelque bienfaisant antidote d'oubli , nettoyer le sein de cet amas impur d'idées malfaisantes qui oppressent le cœur î

LE MÉDECIN

C'est au malade en pareil cas à se guérir luimême.

MACBETH

Va, jette la médecine aux chiens; je ne veux

rien de ton art. — Allons, revets-moi de mon armure , donne-moi ma lance. — Seyton , envoie la cavalerie. — Docteur, les thanes m'abandonnent. — Allons, fais diligence. — Docteur, si tu pouvais , à l'inspection de l'eau de mon royaume, deviner sa maladie , et lui rendre , par ton art , son ancienne et primitive santé, je te comblerais d'applaudissemens , et ferais répéter ton nom à tous les échos. Extirpe-moi ce mal , te dis-je. Quelle potion de rhubarbe, ou autre purgatif, balaierait ces Anglais d'ici? Sais-tu de leurs nouvelles?

LE MÉDECIN

Oui , mon bon seigneur; les préparatifs que je vois faire à votre majesté nous annoncent au moins leur approche.

MACBETH

Porte-la après moi. — Je ne craindrai ni la mort , ni le poison , tant que la forêt de ISirnaui ne viendra pas à Dunsinane.

LE MÉDECIN , * paru Si j'étais échappé de Dunsinane, et bors de péril, l'ardeur du gain aurait bien de la peine à tue rentraîner ici.

(Ils «orient .)

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