‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 377 sur 689 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Katnnit LE COMTE DE KENT, LE COMTE DE GLOCESTER « EDMOND.

LE COMTE DE KENT

J'avais toujours cru le roi plus porté pour le doc d'Albanie que pour le duc de Coraouailles.

LE COMTE DE GLOCESTER

C'est ce qui nous avait toujours paru ; mais au-

jourd'hui, dans le partage qu'il vient de faire entre N'est-ce pas là votre fils , milord ?

eux de son royaume, il n'est pas possible de juger lequel de ces deux ducs il estime le plus. Le* deux lots sont tellement balancés, que le plus scrupuleux examen n'y pourrait trouver ni ni préférence.

LE COMTE DE KENT

350 LE ROI LEAR

LE COMTE DE CLOŒSTEE. ! LEAK.

Son édocatioo, seigneur, a été à nu charge ; Nous, cependant, nous allons manifester ici et j'ai tant de fois rougi de le reconnaître . qu'à la nos pins secrètes résolutions. Qu'on place la carte An mon (root , devenu d'airain , n'en rougit plus sons mes yeux. — Sachez que nous avons divisé maintenant. notre royaume en trois parts. Des motifs qui nous

LE comte de KENT. déterminent , le premier est de soulager notre

Je ne tous entends poinL vieillesse dn poids des affaires et des soins publics,

pour les déposer sur des têtes pins jeunes et plus fortes , tandis que nous , allégés de ce fardeau , nous nous traînerons en paix vers notre tombeau. — Cornouailles , notre fils, et tous, ducd'Alba-

LE COMTE DE GLOCESTElt.

Sa mère m'entendrait mieux, elle : c'est pour m'avoir trop bien entendu qu'elle a tu un Ois dans son berceau, avant d'avoir on époux dans son

liL Concevez-vous maintenant sa faute? , qm n aimez pas moins votre pere , notre volonté est décidée a assigner publiquement en ce

LE comte DE kent. jour à chacune de nos fUles sa dot, afin de pré-

Je ne Tondrais pas que cette faute n'eût pas ete ,eûir ^ ^ ^os débats ^ faTemr IjPS princes

-, puisqu'elle a produit un si beau fruit. de Francc ^ ^ bo^^,* y riTaUx illustres dans

LE comte DE gloœster. la recherche de notre plus jeune fille . ont fait on

J'ai aussi nn fils légitime qui est l'aîné de ce- long séjour à noue cour , où les retient l'amour;

lui-ci de quelques années ; mais il ne m'est pas il faut enfin répondre à leur demande. — Partez,

pins cher que lui. Ce jeune homme, il est vrai , mes filles : puisque nous avons résolu d'abdiquer

s'est introduit dans la vie avant qu'il y fût appelé; en cet instant même les rênes du gouvernement ,

mais sa mère était une beauté , et il faut bien de reroetu-e entre vos mains les droits de nos do-

avouer le fruit honteux qui en est issu. — Ed- maines et les soins de l'état ; dites-moi quelle est

-tous ce noble gentilhomme? j celle de vous dont son père pourra se vanter d'être Edmond. *e P'05 *hné. Notre bienveillance versera ses plus

Non , milord. 1 riches dons sur celle dont le bon naturel et la re-

le comte de gijOCESTER. connaissance les mériteront le plus. Vous, Gone-

C'est le comte de KenL Souvenez-vous désor- rfl» nolre aînée > répondez la première, mais de respecter en lui mon honorable ami. goneril.

isn. ! Je vous aime, seigneur, plus tendrement que Mes services sont aux ordres de Totre seigneu- Je n'aime la Tue de la lumière , l'espace et la line, berté , au delà de tout ce que le monde possède de LE COMTE de kent. plus riche et de plus rare. Je tous aime autant Je dois tous aimer. J*e suis jaloux de Tons con- T1'00 Ve111 aimer la vie , ornée de la santé , de la naître de plus en plus beauté , de tous les honneurs et de tous les dons.

| Je vous aime autant que jamais enfant ait aimé , EDMOND. oo (ju,un ^ ajt |VHre Je TQus j|mie eQfin

M. lord , je mettrai mes soins a mériter votre d.un amour que h vok ^ ,w ne ^.^j

Wtime* .„ „ , „ rendre : il est au-dessus de toute expression.

LE COMTE DE GLOCESTER

Il a été neuf ans hors du pays, et il faudra qu'il s'absente encore. (On entend de» trompeur..) — Voici le roi qui arrive.

(Eatreot le roi Uer, let dite* de Coraouillet et ril, ftepn, Cordeli. et «mie.)

CORDEL1A, à part.

Que fera Cordelia? Aimer et se taire.

LEAR

De toute cette enceinte , depuis cette ligne jus-

lEM. 1 qu'à cette limite , tout ce qu'elles renferment , ces

Gtocester , allez accompagner le roi de Francc forêts épaisses, et tous les vassaux dont elles sont et le duc de Bourgogne. '• Peuplées ; ces rivières qui portent l'abondance , et

i ces vastes prairies, nous t'en faisons souveraine.

LE COMTE DE GLOCESTER

Je Tais vous obéir , mon souverain. I ^ bicn el rhérilaf PfT* ^ dC$ wa — a 1 enfans qui naîtront de toi et du duc d'Albanie. —

(Le comlt et

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