‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 387 sur 689 · OSWALD · texte numérisé non relu

OSWALD

Avec votre permission....

(H sort.)

Que dit cet homme en passant? — Rappelezmoi ce lourdaud. — Où est mon fou? Holà!— Je crois que tout dort ici. — Eh bien ! où va donu cet insolent ?

LE CHEVALIER

Il dit, monseigneur, que votre fille n'est pas en bonne santé.

LEAR

Pourquoi cet esclave n'est-il pas revenu sur ses pas quand je l'ai appelé?

LE CHEVALIER

Seigneur, il m'a déclaré très lestement qu'il ne le voulait pas.

LEAR

Qu'il ne le voulait pas!

LE CHEVALIER

Monseigneur, je ne sais pas quelle en est la raison ; mais, à mon avis, votre altesse n'est pas accueillie avec cette politesse affectueuse qu'on avait contumede vous montrer. Le zèle et l'amitié sont ici bien refroidis; et ce changement se fait remarquer dans tous les gens de la maison, comme dans le duc lui-même et dans votre fille.

LEAR

Ah ! crois-tu ce que tu dis?

LE CHEVALIER

Je vous prie de me pardonner, monseigneur, si je vois mal; mais mon devoir ne peut g.irdcr le silence , quaud je vois votre altesse offensée.

LE ROI LEAR

LEAR

ru me rappelles la une idée que j'avais déjà conçue moi-même. Je me suis aperçu, depuis peu , d'un excès de négligence et de froideur. Mais je m'étais reproché ce soupçon , comme l'effet d'une imagination trop ombrageuse, et je n'ai pas voulu prendre cette négligence apparente pour un signe d'impolitesse etdefroideur préméditées. J'y ferai attention. — Mais où est mon fou? Je ne l'ai pas vu depuis deux jours.

LE CHEVALIER

Depuis que ma jeune maîtresse est partie pour la France, seigneur, votre fou a beaucoup gémi a l'écart.

LEAR

Brisons là-dessus : je m'en suis bien aperçu. — Aller , et dites à ma fille que je veux lui parler.—- Vous, allez me chercher mon fou. (L'inu»<umnw«re.) — Eh! vous, monsieur! monsieur! approchez. Quisuis-jc, s'il vous plaît?

l'intendant.

Le père de ma maîtresse.

LEAR

Le père de milady ? Valet fripon de milord. — Comment , misérable , vil esclave I

Je ne suis rien de tout cela : je vous demande pardon, monseigneur.

LEAR

Yos regards osent croiser les miens , insolent !

(Il le freppe.)

l'intendant.

Je ne me laisserai pas battre, monseigneur.

LE COMTE DE KENT

Ni terrasser non plus sans doute , vil joueur de

(Il le (errasse.)

LEAR

Je te rends grâces, ami ; lu me sers bien, et je t'aimerai.

LE COMTE DE KENT

Allons , relevez-vous , monsieur, et dehors. Je vous apprendrai les égards... Si vous voulez prendre encore sur la mesure d'un lourdaud demeurez; mais hors d'ici. Êtes-vous sage? Je vous le conseille.

(Il poawe l'intend«nt dehors. .

(1) Shakspoarc veut ici faire allusion à ces mauyais joueurs de ballon , qui trébuchent en courant.

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