ACTE III, SCÈNE V
pncur? Sortez do ces étranges égareme os. Voulezvous tous reposer sur ces coussins?
LEAR
Voyons auparavant leur procès. — Qu'on amène les témoins. — (à Edpr.) Toi, homme en robe de justice , prends ta place ; (An ton.) et toi , son collègue, attelé au joug de l'équité, prends siège à ses côtés.— (x Keat.) Vous êtes du tribunal ; asseyezvous aussi.
EDGAR
Procédons avec justice.
Dors-tu oo veilles-to, gentil berger t Tes moulons goal dans le bM ; El pour un souffle delà bouche mignonne . Ton troupeau ne t'en trouvera pas phu mal.
Pouff! le chat est gris.
LEAR
Ajournez d'abord l'aînée, c'est Goneril. J'alfirme ici, par serment, devant cette honorable assemblée, qu'elle a chassé à coups de pied le pauvre roi son père.
LE FOU
Avancez , maîtresse ; votre nom est Goneril?
LEAR
Elle ne peut pas le désavouer.
LE FOU
Te vous demande pardon ; je vous prenais ponr un escabeau.
LEAR
Tenez , en voici une autre, dont les yeux hagards annoncent de quelle trempe est son cœur. Arrêtez - la ici : des armes, des armes, glaive, flamme. — La corruption s'est glissée en ce lieu. Juge inique, pourquoi l'as-tu laissée échapper?
EDGAR
Dieu garde tes cinq sens de nature !
O pitié ! — Seigneur , où est donc maintenant cette patience que vous vous êtes vanté si souvent de conserver?
EDGAR , a part.
L'intérêt que je prends à ses maux commence à m'arracher des larmes qui vont trahir mon déguisement.
LEAR
Les petits chiens et toute la meute, Tray, Blanch , Sweet-beart : vois, Us aboient après moi.
IOMB |.
EDGAR
Tom va leur jeter ta tête. Arrière, mâtin. Que U gueule soit noire oo blanche .
Que la dent cmpolsoune ce qu'elle mord , Mil in, lévrier , métis ,
Epagneul, braque, courte-queue , queue ronde,
Tom les fera pleurer et se plaindre ;
Car, en leur jetant ainsi ma lele ,
Les chiens font oo saut , et s'enfuient.
Ho , ho , ho, Sesscy CO, viens aux foires , ans marches.
Pauvre Tom , u corne est sèche.
LEAR
Allons, qu'on dissèque Regan ; voyez quels élémens sont autour de son cœur. Est-il quelque cause dans la nature qui ait pu rendre ces cœurs si durs?— (a Edgar.) Vous, seigneur, je vous prends au nombre de mes cent chevaliers ; seulement la mode de votre habit ne me plaît point. Vous me direz peut-être que c'est la mode de Perse; mais ne le portez plus, changez-en.
LE COMTE DE KENT
Maintenant , mon bon seigneur, couchez-vous ici, et prenez un peu de repos.
LEAR
Point de bruit, point de bruit, Tirez les rideaux. Oui , oui, oui , nous irons souper dans la matinée. Oui , oui , oui.
LE FOU
Et j'irai me coucher à midi (2).
(Ranlre Gloeealer.) LE COMTE DE GLOCESTER.
Approche , ami ; où est le roi mon maître?
LE COMTE DE KENT
Ici , seigneur ; mais ne le troublez pas : sa raison est perdue.
LE COMTE DE GLOCESTER
Mon bon ami, je te conjure, prends-le dans tes bras : je viens d'entendre, en passant, un complot tramé pour sa mort. Il y a ici une litière toute prête, l'orte-le dedans, et cours promptement vers Douvres , ami , où tu trouverai un bon accueil et des protecteurs. Enlève ton maître : si tu diffères seulement d'une demi-heure, sa vie, la tienne et celle de quiconque osera prendre sa défense, sont menacéesd'une perte inévitable. — Allons, prends-le, prends-le, et suis-moi. .levai*
(1) C'est peut-être le nom de quelque mauvais génie.
(2) Cette réplique et une partie de la précédente ont été passées par Letouroeur.
LE ROI LEAR
conduire en on lien qui ent des provisions.
LE COMTE DE KENT
La nature épuisée s'est assoupie.— Le sommeil pourra remettre quelque baume dans tes organes blessés. Si quelque remède heureux et convenable ne vient au secours, leur cure sera difficile. (Au <oo.) Allons , aide-moi à porter ton maître ; tu ne dois pas rester en arrière.
LE COMTE DE GLOCESTER
i, allons t hors d'ici 1
(II* «orient emportant le roi. Edgar rette.)
Quand nous voyons des hommes qui sont au dessus de nous partager nos maux et notre infortune , nous oublions presque les nôtres. Celui qui souffre seul souffre surtout dans son aine , en laissant derrière lui des Cires exempts de peines , et le spectacle du bonheur. Mais l'amc «lisse sur ses douleurs, quand le chagrin a des compagnons, et que l'on souffre en société. Que mes peines me semblent maintenant légères et supportables, en voyant le roi accablé sous le poids qui courbe ma tète. Il est aussi malheureux en enfans que je le suis en père ! — Allons , Tora , pars d'ici, prête l'oreille a ce grand bruit qui se fait entendre , et découvre-toi.... (1) Renonce à cette fausse opinion qui abusait ta pensée : tu la vois contredite par ta propre expérience ; réconcilie-toi avec toimême. — Qu'il arrive celte nuit ce qu'il plaira aux destins, pourvu que le roi se sauve. Obseri , observons.
(n ton.)