ACTE IV. SCÈNE III
sitOt me mena dans sa grotte; et là , Tenant à se dépouiller, nous vîmes qu'ici , sous le bras , la lionne lui avait enlevé un lambeau de chair, dont la plaie avait toujours saigné depuis ce moment. Aussitôt il se trouva faible, et demanda en s'év# uouissant Rosalindc. Enfin je vins à bout de e ranimer. Je bandai sa blessure ; et après un peu de temps, son cœur s'étant remis, il m'a envoyé ici , quelque étranger que je fusse en ces lieux , pour vous informer de celle aventure, s'excuser auprès de vous d'avoir manqué à sa promesse, me chargeant de donner ce mouchoir teint de son sang au jeune berger qu'il a coutume d'appeler, par jeu , du nom de Rosalindc.
Quoi ! quoi ! Ganymède? mon Ganvmède !
(RoMliixta s'6r«ao«ll.)
OLIVIER
Bicu des personnes s'évanouissent à la vue du
— Vous n'en avez pas le
CÊLIE.
Il y a plus que cela ici. — Cousine ! — Ganymède I
OLIVIER
Voyez; il revient à lui.
ROSALINDE
Je voudrais bien être dans ma cabane.
CELIE
Nous allons vous y mener. — Voudriez-vous, je vous prie , lui prendre le brasl
OLIVIER
— Mais fltes-
vous bien u courage.
ROSALINDE
Non , je ne l'ai pas ; j'en fais l'aveu. — Ah î mon ami, on pourrait croire que cet évanouissement n'est qu'une feinte bien jouée ; je vous en prie , ditrs à votre frère combien cette feinte ressemblait à la vérité. — Hélas !
OUVIER.
11 n'y avait là nulle feinte : il n'est que trop visible dans tous vos traits que c'était une affection bien sérieuse.
ROSALINDE
Ce n'est qu'une feinte, je vous le proteste.
OLIVIER
Allons donc ; prenez un cœur ferme, et tâchez d'imiter le courage d'un homme.
C'est ce que je fais ; mais , en vérité, j'aurais dû naître femme.
CÉLÎE.
Allons , vous pâlissez de plus en plus ; je vous en prie, entrons dans la cabane. — Bon seigneur, venei avec nous.
Très volontiers; car il faut, Rosalindc, que je rapporte à mon frère l'assurance que vous l'excusez.
ROSALINDE
Je songerai a quelque chose.... Nais, je vous prie, ne manquez pas de lui dire avec quelle vérité j'ai joué mon rôle. — Voulez-vous veuir?
(lUiotUfL)
Si»
A 55 COMME TOUS L'AIMEZ