SCÈNE I. su
en large, et je vais chanter, afin qu'ils comprennent que je n'ai pas la moindre peur.
Cil chaat* )
Le merle si noir de plu ma pu , Au b«'C jaune comme Poracigq , La grive arec son chanl si gai , Le roitelet arec sa petite plume.
TITAMA , s'énillant.
Quel ange me réveille sur mon lit de fleurs?
BOTTOM, ebantant.
Le pinson , le moineau et l'alouette. , Le gris coucou arec son plain-chanl monotone , Dont maint homme remarque la note , Sans oser lui répondre , non.
Car, en effet , qui voudrait compromettre son esprit avec un si fol oiseau? Qui voudrait donner un démenti à un oiseau , quand il crierait , coucou, à perte d'haleine?
TITAMA.
Ah! je te prie , aimable mortel , chante encore. Mon oreille est amoureuse de tes chants ; mes yeux sont épris de tes belles formes; et la force de ton brillant mérite me contraint , malgré moi, de déclarer à la première vue, de jurer que je t'aime.
BOTTOM
Il me semble , madame , que vous avez bien peu de raison de m'aimer; et cependant, à dire la vérité , la raison et l'amour ne vont guère aujourd'hui de compagnie : c'est grand dommage que quelques honnêtes voisins ne veuillent pas s'employer pour les réconcilier : je pourrais tromper comme un autre, dans l'occasion.
TITAMA.
Tu es aussi sensé que tu es beau.
BOTTOM
Oh ! ni l'un ni l'autre. Mais si j'avais seulement assez d'esprit pour sortir de ce bois, j'en aurais assez pour l'usage que j'en veux faire.
TITAMA.
Ah ! ne désire pas sortir de ce bois. Tu resteras ici , que tu le veuilles ou non. Je suis un esprit au-dessus de la troupe vulgaire des esprits. L'été règne toujours sur mon empire ; et moi , je t'adore : viens donc avec moi : je te donnerai des fées pour te servir de pages : elles iront te chercher mille joyaux précieux dans l'abîme des eaux ; elles chanteront, tandis que tu dormiras sur un
doux Ht de fleurs ; et je saurai si bien épurer les élémens grossiers de la constitution mortelle, que tu auras te vol et la légèreté d'un esprit aérien. —Fleur-de-pois, Toile-d'araignée, Mite, Grainede-moutarde !
(Katrcot qn»tre Ke».) PREMIERE FÉE.
BJe voilà à vos ordres.