‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 572 sur 689 · ACTE III, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE II

pières, les couvre do ses ailes, et pèse sur eux de son poids de plomb : alors, presse le suc de cette herbe, et insinue-le dans les yeux de Lysandrc. Cette liqueur a la vertu salutaire d'Ôter de la vue le charme et l'illusion qui la fascinent , et de rendre au globe de l'œil ses sensations et sa vision naturelles. — Lorsqu'ils viendront à se réveiller, toute cette scène de dérision leur paraîtra un vain songe, une vision imaginaire; et ces amans reprendront le chemin d'Athènes dans une société d'amitié, qui ne finira qu'avec leur vie. Tandis que je te charge de cette opération , moi , je vais rejoindre ma reine , et lui demander son petit Indien; et après je désenchanterai ses yeux, et lui ferai reconnaître l'erreur de sa passion pour le monstre dont elle s'est éprise : et la paix sera rétablie partout.

PCCK.

Mon puissant souverain, il faut se bâter d'exécuter cette tâche; car les dragons de la nuit fendent â plein vol les nuages et les ombres; et voyez l'avant-cooreur de l'aurore qui brille déjà là-bas ! A son approche, vous le savez, les spectres qui erraient çà et lâ s'enfuient par troupe ▼ers les cimetières, et s'y replongent. Toutes les ombres des suicides (1) maudits, qui ont leur sépulture dans les carrefours et les étangs, sont déjà rentrées dans leurs bières rongées des vers; ils craignent que le jour ne les surprenne et ne montre leurs formes ignominieuses, et ils s'exilent volontairement eux-mêmes de la lumière , condamnés à être les compagnons éternels de la

PCCK.

Par nwals et ptr r»ax , Je tai» les mener par monts cl par vaiu .- Je >uis cralnl dans lr» campagnes cl <kiu ks villes, i par monu el par nn.

En voici un.

( Entre Lj.ar.drf O

LYSANDRE

Où es-tu, orgueilleux Oémétrius? Réponds* moi.

PCCK..

Me voici , lâche : en garde, et défends-toi. Où es- tu?

LYSANDRE

Je vais te joindre tout à l'heure.

PCCK.

Suis-moi donc sur un terrain plus uni.

crojaai pounotrre Denétrias. )

ODERON.

Mais nous , nous sommes des esprits d'un autre ordre. Moi , j'ai souvent joué avec la lumière du matin, et je puis, comme un garde-forét, fouler le sol des bois , même jusqu'à l'instant où la porte de l'orient , toute rouge de feux , venant à s'ouvrir et à verser sur Neptune ses heureux et beaux rayons , change en or blond ses vertes ondes. Mais cependant, hâte-toi, ne perds pas un instant; nous pouvons encore achever cette opération avant le jour.

(Oberoo sort.)

(1) Les fantômes des suicides . qui sont enterrés dans les carrefours, et de cetu qui s'étaient noyés, étaient condamnés, suivant l'opinion des anciens, à errer l'espace de cent ans , parce que les rites de la sépulture n'araient pas été accomplis.

DÉMÉTRIL'S.

Lysandre! Réponds-moi encore : lâche fuyard, où t'es-tu donc sauvé ? Parle. Quoi ! dans un buisson? Est-ce là que tu caches ta tete?

PCCK..

Et toi , poltron , qui te vantes ici aux étoiles ; tu dis aux buissons que tu cherches la guerre , et tu ne veux pas m'approeber ! Viens donc , perfide, viens, timide enfant; je vais te châtier avec une verge : c'est se déshonorer que de tirer l'épée contre toi.

DEMÉTRIUS.

Ha! es-tu là?

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