‹ Œuvres complètes de Shakespere, 1Chapitre 598 sur 689 · SCÈNE I. iA · texte numérisé non relu

SCÈNE I. iA

APEMANTCS.

Ne sont-ils pas Athéniens ?

TIMON

Oui.

APEMANTCS.

En ce cas, je ne me répons pas.

LE JOAILLIER

Tu méconnais. Anemantus?

APEMANTUS.

Tu le sais bien que je te connais ; je viens de t'appeler par ton nom.

TIMON

Tu as bien de l'orgueil.

APEMANTCS.

Oui , de ce que je ne suis pas Timon.

TIMON

Où vas-tu?

APEMANTCS.

Casser la tête d'un honnête Athénien.

TIMON

C'est une action pour laquelle tu mourras. APEMANTCS.

Oui , si ne rien faire est on crime puni de mort par la loi.

Comment trouves-tu ce portrait, Apemantus?

APEMANTCS.

Très bon, car il n'a pas fait de mal

TIMON

Celui qui l'a fait n'a-t-U pas bien travaillé ?

APEMANTCS.

Celui qui a fait le peintre a mieux travaillé encore; et cependant c'est un pitoyable ouvrage.

LE PEINTRE

Vous êtes un chien.

APEMANTCS.

Ta mère est de mon espèce; que sera-t-elle donc si je suis un animal ?

TIMON

Apemantus , veux-tu dîner avec moi?

APEMANTCS.

Non , je ne mange pas les grands seigneurs.

TIMON

Si tu mangeais les grands seigneurs, tu fâcherais les dames.

us

TIMON D'ATHÈNES

Oh! elles

les grands seigneurs : voilà l tant d'embonpoint.

TIMON

C'est la une idée bien libertine.

APEMANTUS.

C'est toi qui l'interprètes ainsi : prends-la pour ta peine.

TIMON

Comment trouves-tu ce bijou , Apemantus?

APEMANTUS.

Pas si bien que la franchise (1) , qui ne coûte pas une obole à l'homme.

TIMON

Combien penses-tu qu'il vaut?

APEMANTUS.

Il ne vaut pas une de mes pensées. Eh bien , poète?

LE POÈTE

Eh bien , philosophe?

LE POETE

N*es-tu pas un philosophe ?

APEMANTUS-

Oui.

LE POÈTE

Je ne mens donc pas.

APEMANTUS.

Et toi , n'es-tu pas un poète î LE POÈTE.

Oui.

APEMANTUS.

En ce cas, tu mens. Souviens-toi de ta dernière pièce , où , dans une fiction , tu as (ait de Timon un vertueux et digne personnage.

LE POÈTE

Ce n'est point une fiction , c'est la vérité.

APEMANTUS.

Oui , il est digne de toi , et digne de payer tes mensonges. Qui aime la flatterie est digne du flatteur. Dieux, que ne suis-je un grand seigneur!

(1) Allusion au prorerbe anglais : plein dealing it a jeteel; but they that use it die beggars. La franchise cil m Joyau j mais ceux qui s'en fervent meurent mendions.

TIMON

Eh, que ferais-tu si tu étais on graxi »gneur?

Ce qu' Apemantus fait à présent : je haïrais u grand seigneur de toute i

Quoi! toi-même?

APEMANTUS.

Oui.

TIMON

Pourquoi ?

APEMANTUS.

Pour avoir formé le sot désir d'être on grai seigneur. — N'es-tu pas un marchand, toi!

LE MARCHAND

Oui, Apemantus.

APEMANTUS.

Que le négoce puisse te perdre, ai lesdienof veulent pas le faire !

LE MARCHAND

Si le négoce me perd, les dieux en serais

APEMANTUS.

Ton dieu, c'est le négoce ; que ton die» « confonde!

( L<-i trompette* tonnent. — Entre on mtmp •)

Que

cette trompette?

LE MESSAGER

C'est Alcibiade et vingt cavaliers enviroadf a société.

TIMON

Je vous prie , allez au-devant d'eux, qu'on I" fasse entrer. — Il faut absolument dîner n* moi. — Ne vous en allez pas que je ne w©* fait mes remercîmens. Et , après le dîner, s»; venez-vous de me montrer ce tableau. — JtaB charmé de vous voir tous.

( Entrent TIMON.

Vous êtes le bienvenu , seigneur.

APEMANTUS.

Fort bien, fort bien ! — Que les maladies «*; tractent et dessèchent vos souples articula» —Se peut-il qu'il y ait si peu de véritable tié au milieu de tous ces coquins et de «#> vaines politesses! En vérité, toute U race »

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